
The Cure est de retour après seize dans d’absence discographique avec un nouvel album intitulé « Songs of A Lost World ». Stellaire, hypnotique et poignant, ce nouvel opus événement est déjà acclamé par les critiques.
Le groupe au plus de 30 millions d’albums vendus a sorti ce vendredi 1er novembre un nouvel opus intitulé « Songs of A Lost World » (Chansons d’un monde perdu), qui succède à « 4:13 Dream » paru en 2008. Le groupe s’est par ailleurs produit sur la scène du Troxy, petit théâtre londonien, lors d’une release party rediffusée en direct sur YouTube.
C’était l’un des albums les plus attendus de l’année. Mélancolique et maussade, sa sortie un jour de Toussaint fait sens : Robert Smith, le chanteur et leader du groupe souffre, depuis 2019, de la mort de ses parents et son frère. Constitué d’uniquement huit titres, « Songs of A Lost World » dure au total une cinquantaine de minutes. Lent, apathique et languissant, chaque acte est une ode à la vie, à la fin, au silence et au recueillement. « Tout a disparu, il ne reste rien de tout ce que j’ai aimé », chante le poète torturé dans « Endsong », un requiem de dix minutes qui clôture l’album.
Sur la couverture, un astéroïde au visage humain gravite dans un vide sidéral. Monochrome, gris, noir, stellaire et sombre. Le titre de l’album y est épelé mystérieusement en lettres dispersées en bas de l’image. Robert Smith révélait en 2019 au NME que le titre provisoire de l’album était « Live From the Moon », en référence au 50ème anniversaire du retour sur Terre de la sonde Apollo 11 qui a emmené Neil Armstrong et son équipe sur la Lune. Un monde perdu, le vide, l’espace. Avec son synthétiseur, guitares wah-wah et ses mélodies funèbres, « Songs of A Lost World » est un voyage spatial, un Space Oddity signé The Cure.
Et rien n’a changé depuis « Boys Don’t Cry » – le temps s’écoule différemment sur la planète Smith. En presque cinquante ans de carrière, Cure sonnent toujours comme avant : toujours la même cold wave, toujours la même voix, toujours la même atmosphère, étonnamment Curesque. L’album à bien de quoi faire une frayeur aux fans en s’ouvrant avec « Alone », dans lequel le chanteur déclare « This is the end of every song we sing » (c’est la fin de toutes les chansons que nous chantons), mais la séparation du groupe n’est pas pour tout de suite. Le chanteur avait annoncé prendre sa retraite à ses 70 ans, en 2029 – de quoi en profiter pendant encore cinq ans.
Eva Jurkew

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