On compte aujourd’hui 23 gouvernements de coalition parmi les 27 États membres de l’Union européenne. Pourtant, l’Allemagne a récemment montré les limites de ses alliances, qui se révèlent également problématiques ailleurs en Europe.

Les coalitions sont souvent perçues comme un modèle d’entente politique pour le bien commun. Si l’Allemagne en était le parfait exemple jusqu’ici, grâce à la stabilité de son système gouvernemental de coalition, l’implosion du gouvernement d’Olaf Scholz rappelle les limites de ces unions, mais surtout les dangers qu’elles représentent pour l’équilibre de l’Europe dans le contexte géopolitique actuel.

L’Allemagne, la chute d’un exemple de stabilité

Le 11 décembre prochain, les députés du Bundestag prendront part à un vote de confiance pour décider si le chancelier et son gouvernement peuvent continuer à gouverner. Sans majorité, le Bundesregierung cessera d’exister. Pour rappel, le 7 novembre dernier, le chancelier allemand Olaf Scholz a limogé son ministre des Finances, Christian Lindner, membre du Parti libéral-démocrate (FDP), à la suite d’un désaccord sur la politique économique du pays. Mais ce qui inquiète le plus, c’est la situation inédite que traverse l’Allemagne : alors que les coalitions d’Angela Merkel et de son parti avaient su préserver l’unité du pays pendant 16 ans, Olaf Scholz fait face à une crise politique rare, de mauvaise augure pour lui et son parti.

Les Lituaniens opposés à leur gouvernement

Cette situation fait écho au climat politique européen. En Lituanie, il y a deux jours, près de 4 000 personnes (sur 2,7 millions d’habitants) ont manifesté devant le Parlement, dans la capitale, contre le nouveau gouvernement de coalition. La raison de cette protestation, très rare dans le pays, réside dans le choix de coalition du parti majoritaire social-démocrate, de centre-gauche, après les élections législatives du 27 octobre dernier. En s’alliant avec le parti très controversé de L’aube du Niémen, dirigé par un homme accusé et jugé pour antisémitisme, le nouveau gouvernement divise aujourd’hui profondément le pays.

Place à l’extrême droite aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la chute de la dernière coalition a permis à l’extrême droite d’intégrer le gouvernement. Lors des élections législatives du 22 novembre 2023, deux partis étaient en tête : l’extrême droite (le Parti pour la liberté) et l’alliance politique de centre-gauche (le Parti travailliste-Gauche verte). Alors que les Français avaient réussi à inverser la tendance au deuxième tour de leurs élections législatives, les Pays-Bas ont donné une majorité de voix à l’extrême droite, délogeant le parti de centre droit (VVD), qui dominait les élections depuis une vingtaine d’années. Certes, ce parti « islamophobe et europhobe » ne dirige pas directement le gouvernement, étant en coalition avec le centre droit, mais le résultat de ces législatives montre que les coalitions deviennent plus fragiles lorsqu’il s’agit de s’accorder sur l’exercice du pouvoir politique. Ce constat met en lumière des divergences d’opinions de plus en plus marquées au sein des sociétés européennes, touchant l’ensemble du continent, y compris la France.

Pauline Sarrazin

Categories: ,

Laisser un commentaire