Anne.F

Le groupe de punk rouennais We Hate You Please Die a électrifié Paris ce 7 novembre 2024. En pleine tournée, ils ont fait escale à La Maroquinerie, présentant l’étendard d’une nouvelle sonorité dynamique et innovante.

Punk from Normandie

Emprunter le petit escalier descendant qui mène à la salle de La Maroquinerie procure toujours une excitation. Des stickers aux messages féministes, antifascistes ou antiracistes bordent les murs, accompagnant les spectateurs dans la salle de concert. En poussant les portes, l’exaltation prend le dessus, surtout lorsque l’on sait qui est programmé ce 7 novembre 2024 : We Hate You Please Die. Anciennement un quatuor, le groupe prend la décision en 2023 de se séparer de son ancien chanteur, Raphaël Balzary. Les Rouennais décident de continuer l’aventure à trois, prenant le pari de sublimer les bases d’un projet musical hors-norme incarné par leur dernier album Chamber Songs. C’est dans cette petite salle du XXe arrondissement de Paris que les membres du groupe présentent leur nouvelle formule : un punk incisif influencé par la scène Riot Grrrl. Chloé Barabé, bassiste, prend alors le chant lead et investit des sujets plus politiques dans les textes de We Hate You Please Die. Agressions sexuelles, patriarcat ou violences policières alimentent la rage des Normands, proposant des morceaux bruts teintés d’intimité.

Concerto pour féminisme

La Maroquinerie s’est vu accueillir cette nouvelle recette, dans une ambiance exceptionnelle. Après l’ouverture du concert par un Rank-O tout simplement fabuleux, le silence se fait. Chloé, Joseph et Mathilde montent sur scène et commencent par leur single Automatic Mode… et la magie opère. La Maroquinerie se voit envahir par une énergie ensorcelante d’instruments hurlants, rarement vu dans la scène punk rock française. Une guitare, une basse et une batterie suffisent à créer une force qui caractérise leurs morceaux. Adreline, Lust, Control ou encore Stronger Than Ever transcendent l’espace, laissant place à un véritable requiem du punk patriarcal. Les spectateurs sont envahis par un discours qui remet au centre la figure féminine, presque dans une démarche Female Gaze. Le trio a hypnotisé la salle d’une part par leur prestance scénique, d’autre part par le discours militant et punchy que le groupe revendique.

Les nouveaux rouages de We Hate You Please Die sont activés, et la machine continue de tourner. Il est presque primordial d’écouter le trio, qui fait partie des groupes français à suivre pour 2025.

Issa Sedraoui Cochet

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