
Chaque année, 5 milliards de gobelets en carton sont jetés après seulement quelques minutes d’utilisation, selon une étude menée par l’entreprise Statista. Malgré les efforts de recyclage et les campagnes de sensibilisation, l’usage unique reste une habitude bien ancrée, particulièrement en entreprise. Face à ce constat, AUUM propose une alternative ingénieuse et durable : un lave-verre express qui pourrait bien transformer notre manière de consommer au bureau.
Depuis l’interdiction des gobelets en plastique à usage unique en 2020, par la loi Egalim, les alternatives en carton ou en bioplastique se sont multipliées. Mais leur impact écologique reste préoccupant. Contrairement à une idée reçue, ces gobelets ne sont pas toujours recyclables. La fine couche de plastique qui les imperméabilise complique leur traitement et les envoie souvent directement à l’incinération ou à l’enfouissement. Résultat : des montagnes de déchets persistants et une empreinte carbone loin d’être anodine. Selon un rapport de l’ADEME, près de 80% des gobelets en carton ne sont pas efficacement recyclés, contribuant ainsi à une pollution environnementale de grande envergure.
Réutiliser plutôt que remplacer
Fondée en 2019, et née d’une volonté de « repenser le nettoyage », l’entreprise AUUM a conçu une alternative qui s’éloigne de la simple substitution d’un matériau par un autre. Plutôt que de chercher un énième gobelet biodégradable, l’entreprise mise sur la réutilisation et l’efficacité énergétique. Son innovation : une machine baptisée auum-S, capable de nettoyer, désinfecter et sécher un verre en une vingtaine de secondes, avec seulement dix centilitres d’eau et sans aucun produit chimique. “C’est une machine qui fait la taille d’une belle machine à café”, explique Clément Houllier, le co-fondateur et CEO de la start-up. “Lorsque le verre est déposé, un dôme se ferme sur lui et nettoie et désinfecte l’intérieur et l’extérieur du contenant, spécialement conçu pour la machine, grâce à une vapeur qui atteint les 140 degrés.”
Cette solution répond à une double problématique : l’impact écologique du jetable, mais aussi la contrainte logistique du réutilisable. Car, si les tasses et verres lavables existent depuis toujours, leur adoption en entreprise se heurte souvent à des freins pratiques : manque de lave-vaisselle ou encore vaisselle sale qui s’accumule. “Nous cherchions à créer un geste qui est presque aussi simple que le jetable, pour séduire, car nous savons que si nous nous alignons au niveau financier, tout en restant plus contraignant, ce serait plus difficile d’emballer les gens”, précise Clément Houllier. Grâce à un forfait de location rivalisant avec l’achat de gobelets à usage unique, estimé à deux ou trois euros par collaborateur et par mois, la start-up cible des entreprises allant de 40 à 3000 salariés. “En dessous de ce minimum, nous observons que les préférences se portent plus souvent vers le lave-vaisselle.”
Fidèle à sa démarche, AUUM, acronyme d’ « Arrêtons l’usage unique maintenant », tient également à respecter le principe d’éco-conception. “92% de nos fournisseurs sont européens, et nos matériaux sont à plus de 70% français. L’assemblage est réalisé directement en interne, depuis nos locaux, non seulement pour répondre à nos valeurs, mais aussi car nous souhaitions avoir entièrement la main sur notre produit.” Pour aller encore plus loin, l’entreprise propose un service de réparation complet, tout en revalorisant les composants usagés : “Nous les recyclons afin de les réintégrer dans d’autres machines”, explique Clément Houllier.
Grâce à plus de 300 clients en France, au Bénélux et en Suisse, dont près de la moitié des entreprises du CAC 40, telles que Total Energies, L’Oréal, ENGIE, ou encore Boursorama, AUUM a permis de sauver près d’1,5 millions de gobelets en 2023. Cela représente une réduction de plus de 38 000 kg d’émissions de CO2, ainsi qu’une économie de 2 millions de litres d’eau, par rapport à l’utilisation et au cycle de vie des gobelets en carton. Un succès qui témoigne de l’efficacité de leur solution et de l’engouement croissant des entreprises pour des pratiques plus durables.
Voir plus loin
Si Clément Houllier et ses co-fondateurs Mathieu Bourhis, Maxime Prieto, et Thomas Monoz souhaitent élargir leur savoir-faire à d’autres types de contenants pour l’alimentaire, ils visent également plus gros : “Nous réfléchissons à nettoyer les panneaux solaires, qui présentent énormément de problématiques d’encrassement. Nous sommes des experts de la vapeur, et si nous sommes là pour repenser le nettoyage, il faut aussi penser à l’amélioration de la performance de certains objets dans notre démarche d’éco-responsabilité.” Ce projet pourrait révolutionner le secteur des énergies renouvelables en optimisant la maintenance d’ une technologie clé dans la transition énergétique.
En combinant efficacité, praticité et respect de l’environnement, AUUM ouvre la voie vers un modèle de consommation plus responsable. “Aujourd’hui, pour développer une entreprise, il est impératif de prendre en considération le monde de demain”, conclut Clément Houllier. Cette vision à long terme et cette capacité d’adaptation permettent à AUUM de se positionner comme un acteur incontournable dans la lutte contre le gaspillage et la pollution, redéfinissant les standards de consommation en entreprise.
CHLOÉ RUELLAN

Laisser un commentaire