Le budget des Sports va diminuer de 174 millions d’euros pour l’année 2025. Une situation complexe pour les associations sportives qui vont devoir trouver des solutions pour maintenir leurs activités.

Le stade des Costières à l’abandon, faute de financement. © Lïana Delgado

Le gouvernement français l’a annoncé, le budget des Sports va subir une baisse conséquente, passant de 889 millions d’euros en 2024 à 715 millions d’euros pour 2025. Un coup dur pour le monde du sport qui pensait avoir gagné un réel soutien, lors des JO de Paris 2024. Il y a tout juste un an, le 23 janvier 2024, Emmanuel Macron avait d’ailleurs déclaré : “Pour nos sportifs, l’encadrement et les fédérations, nous avons augmenté de 68% le budget pour la haute performance, de 75% le budget sur l’accompagnement individuel des sportifs et de 250% le budget sur la performance paralympique”. Le président de la République avait ensuite ajouté : “Je veux ici souligner, vous avez mon engagement qu’au-delà des jeux de 2024, les moyens seront maintenus jusqu’à la fin de ce quinquennat avec justement en perspective les jeux de 2030”. Des promesses qui ne sont clairement pas tenues.

La ferveur des Jeux de Paris 2024 ! © Lïana Delgado

Les associations sportives françaises et les clubs sont scandalisés. “Pendant les Jeux de Paris 2024, on a vu une vraie effervescence autour du sport et au lendemain de cet événement planétaire, on nous annonce des baisses de subventions. On pouvait s’attendre à des restrictions au vu de la situation budgétaire de l’Etat mais pas à ce point-là !”, s’exclame Simon Soubiran, président du club de Judo Flam 91. Jusqu’à présent, cette association de 950 licenciés bénéficiait d’une subvention annuelle de 155 000 euros de la part du Département. Désormais, elle devra composer avec une réduction, voire une suppression totale de ces aides. Puis, David Lappartient, président du Comité National Olympique Français (CNOF), a également fait savoir son incompréhension : “Le sport, ce n’est que 0,2% du budget de l’État. C’est le plus petit budget et de loin. Et c’est à ceux qui ont le moins qu’on demande le plus d’efforts”. Face à cette situation, les associations sportives doivent impérativement trouver des solutions.

Recherche des financements privés

Les subventions publiques sont primordiales pour de nombreuses associations sportives. Cependant, cette forte réduction du budget des Sports va contraindre ces structures à repenser leur gestion. Les associations vont devoir se débrouiller pour survivre. Faire appel à des financements privés, en développant des

partenariats avec des entreprises locales, peut être une solution. En contrepartie de leur soutien financier, ces sociétés pourraient obtenir de la visibilité, notamment à travers des actions de sponsoring. “Notre partenaire principal est la pizzeria La Marina, du 5e arrondissement de Marseille. C’est le seul logo que nous avons sur notre maillot. Grâce à cette aide financière, nous pouvons accueillir plus d’adhérents chaque année. Je pense qu’avec les mauvaises nouvelles actuelles, nous allons renforcer notre partenariat”, assure Othman Sahki, président du Football Club Loisirs Malpassé.

Les grandes entreprises, souvent attirées par la visibilité des événements sportifs, sont aussi des partenaires potentiels. Toutefois, les petites structures peuvent avoir du mal à obtenir leur confiance. “C’est un réel combat de convaincre les entreprises à nous soutenir. Beaucoup sont réticentes à investir chez nous et préfèrent se tourner vers des événements médiatisés ou des grands clubs”, soutient Mounir Saoudi, président de l’Olympique Mas de Mingue, une association de football amateur nîmoise.

Dons et bénévolat : la clé de la survie associative

En cas de grandes difficultés financières, les associations sportives peuvent envisager de lancer des cagnottes en ligne, à partager sur leurs sites internet ou réseaux sociaux. Aussi, des dons ponctuels peuvent être mis en place grâce à

Une équipe nîmoise s’entraîne au Stade Malpassé, avant d’affronter le FCL Malpassé. © Lïana Delgado

des avantages fiscaux pour les donateurs. Ce soutien financier pourrait aider les clubs amateurs notamment pour des projets importants comme la construction d’une nouvelle infrastructure, ou l’acquisition de nouveaux matériels. De plus, les associations peuvent favoriser l’engagement de bénévoles pour limiter les coûts liés à la main-d’œuvre. En effet, mettre en place un dispositif de volontariat permet d’impliquer les membres et la communauté dans le fonctionnement du club tout en économisant sur les frais salariaux.

Malgré ces solutions, les associations sportives françaises se trouvent confrontées à un avenir incertain. En effet, les partenariats privés, les dons ou le bénévolat ne suffiront sûrement pas à combler le vide laissé par les financements publics. Alors, il est essentiel que l’État et les collectivités locales prennent conscience de l’impact de ces réductions, non seulement sur les clubs amateurs mais aussi sur toute la population française. En effet, le sport est un lien social primordial, un pilier de la santé publique, un moteur pour la jeunesse et permet de rayonner à l’international, comme lors de ces Jeux olympiques et paralympiques. C’est un vecteur essentiel de cohésion, d’insertion et de bien-être, il est donc nécessaire de garantir son financement pour le futur.

Lïana Delgado

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