Le jeudi 16 janvier dernier, le gouvernement a déposé un nouvel amendement visant à réduire le budget du ministère des sports de 34 millions. Une baisse conséquente, plongeant les fédérations dans l’incompréhension.

Surfer sur l’engouement des Jeux-Olympiques n’entre pas dans les plans du gouvernement français. Avec un total de 9,5 millions billets vendues durant la quinzaine, Paris 2024 a explosé le record de l’édition 1996 d’Atlanta (8,3 millions de billets vendus). Une réussite totale qui a donné un nouveau souffle à certaines fédérations. Selon l’INJEP, l’Institut national de la Jeunesse et de l’Éducation populaire, le nombre de licences a augmenté dans plusieurs clubs. Grâce à des performances de haute-volée d’athlètes tricolores, les fédérations se sont frottés les mains. Avec l’influence des frères Lebrun, le tennis de table a remarqué une hausse de 23%. De son côté, la fédération handisport enregistrait une augmentation de 21 % pour la boccia, après la médaille d’or glanée par Aurélie Aubert. Tous les efforts faits pendant les jeux ne seront finalement pas récompensés. Avec le projet de loi de finances pour 2025 étudié par les parlementaires, le budget du ministère des Sports doit diminuer de 114 millions d’euros. En plus de cette somme astronomique, le gouvernement souhaite enlever 34 millions au budget déjà allégé. Un amendement rejeté par le Sénat. Des finances en baisse qui inquiète. La présidente de la Fédération française de handisport, Guislaine Westelynck, s’est alarmée au micro de Franceinfo : « C’est cette baisse de budget qui m’inquiète le plus, ça c’est vraiment catastrophique. Je souhaite que toute personne en situation de handicap puisse pratiquer une activité physique à proximité de chez elle, et ce projet risque de prendre un coup dans l’aile. » Une chute économique qui détonne par rapport au succès des Jeux-Olympiques.
Le blouse des infrastructures
Autre point noir de ce projet de loi, le manque d’infrastructures. La plupart des équipements datent des années 1960. Dans les colonnes de nos confrères de Franceinfo, le président de la fédération de tennis de table, Gilles Erb, n’a pas caché son inquiétude face à ce déficit : « Peu ont été rénovées et certaines ne répondent plus aux attentes en termes de qualité d’accueil, d’autant que les associations sont des lieux de vie. Plus personne n’accepte l’absence de douches chaudes, qu’il n’y ait qu’un seul vestiaire pour filles et garçons mélangés, ou que le chauffage ne soit pas suffisant ». Ce problème ne se développe pas dans le bon sens. L’enveloppe de 300 millions sur 3 ans a été gelée pour 2025. Cet argent visait à aider les fédérations dans le cadre du plan « 5 000 équipements – Génération 2024 ». La vétusté des locaux et l’absence de moyens pousse les clubs à refuser des licenciés. Un crève-coeur pour ces passionnés de sport.
Le sport en bas de l’échelle
Teddy Riner en tête d’affiche, les athlètes montent au créneau. 425 sportifs ont signé une tribune dans l’Équipe pour protester contre la baisse du budget. Elle pointe également un sabotage du vivre-ensemble. Avec cette décision gouvernementale, les disciplines passent au second plan. Malgré Paris 2024, le sport n’est pas la priorité. Pourtant, cela reste un levier important pour la santé, l’éducation et le lien social. Michel Savin, sénateur républicain, s’est exprimé sur le sujet, sur Public Sénat : « Un effort est nécessaire, mais il est inacceptable de subir une baisse de 30 % du budget du sport, envoyer un message aussi négatif est inconcevable ». Il entend s’être opposé à la réduction des crédits. Ce coup dur pour le mouvement sportif a été vécu comme un scandale par l’ancienne boxeuse Sarah Ourahmoune. Médaillée d’argent en 2016, elle est revenue sur les bienfaits du sport, mettant un KO aux coupes budgétaires : « On est tous convaincus que chaque euro investi dans le sport, c’est vraiment un euro économisé pour la santé publique ». Même son de cloche pour le rapporteur général du budget Jean-François Husson, lançant une phrase évocatrice dans les pages de Francebleu : « Le sport ne doit pas être le grand sacrifié des causes budgétaires et comptables ».
Une solution : les paris sportifs
Et si la solution était toute trouvée ? En taxant sur les paris sportifs en ligne, la commission mixte paritaire a trouvé de nouvelles ressources. Cette taxe va permettre de réattribuer 80 millions d’euros aux fédérations. Une aide précieuse dans ce marasme économique. En attendant de savoir si une motion de censure va être votée, c’est tout le monde du sport qui doit se serrer les coudes. Une seule idée en tête, se relever face aux difficultés financières.
Dimitri Dehaene


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