
Un cri d’alarme du monde sportif français
L’héritage tant espéré des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 est-il déjà en péril ? C’est en tout cas la crainte exprimée par 425 athlètes français, parmi lesquels des figures emblématiques comme Teddy Riner, Mélina Robert-Michon, Nicolas Batum ou encore Alexis Hanquinquant. Ces sportifs de haut niveau ont signé une tribune dénonçant la baisse annoncée du budget des Sports en 2025, une décision qu’ils jugent contraire aux engagements pris pour promouvoir la pratique sportive en France.
Le gouvernement prévoit en effet une réduction de 33 % des crédits alloués au ministère des Sports, soit une perte sèche de 34 millions d’euros dans le cadre du projet de loi de finances. Un coup dur pour un secteur qui bénéficiait d’un engouement sans précédent depuis les Jeux de Paris. « Le sport ne doit pas être la variable d’ajustement budgétaire », écrivent les athlètes dans leur tribune, soulignant les conséquences dramatiques d’un tel recul sur l’accès au sport pour tous.
Un contresens par rapport à l’engagement pris pour les JO 2024

Les Jeux Olympiques de Paris 2024 devaient laisser un héritage fort en termes
d’infrastructures, d’engagement associatif et d’accessibilité au sport. Depuis l’événement, les inscriptions en clubs ont bondi de +20 % dans certaines disciplines. Mais cette dynamique pourrait être freinée par le manque de financements pour l’encadrement, les équipements et l’entretien des installations.
En réponse à cette mobilisation, le Président Emmanuel Macron a brièvement déclaré : « Vous avez raison. »
Une réponse qui semble reconnaître la pertinence des inquiétudes soulevées, mais qui reste floue sur les mesures concrètes qui pourraient être mises en place pour éviter une telle coupe budgétaire.
Des clubs et fédérations également touchés
Au-delà des sportifs de haut niveau, ce sont les clubs amateurs et les fédérations qui seront les premières victimes de cette baisse de budget. Déjà sous pression, nombre d’entre eux peinent à financer leurs activités.
En 2023, 43 % des clubs déclaraient manquer de moyens pour répondre à la demande croissante des licenciés (source : ministère des Sports).
L’éducation et le sport scolaire sont également en ligne de mire : la coupe budgétaire pourrait affecter les subventions dédiées aux associations sportives scolaires, mettant en péril des dispositifs comme « 30 minutes d’activité physique par jour » dans les écoles primaires.
Cette décision pourrait également impacter les événements sportifs à venir, notamment les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de 2028, que la France doit organiser.

Un financement du sport déjà fragile en France

Il est important de rappeler que la part du budget de l’État consacrée au sport reste faible en comparaison avec d’autres pays européens. Actuellement, seulement 0,2 % du budget total de l’État est alloué au sport, soit un investissement bien inférieur à celui observé en Allemagne ou au Royaume-Uni.
Avec une telle réduction des moyens, de nombreuses fédérations s’inquiètent pour l’avenir du haut niveau et des compétitions internationales. Si le soutien aux athlètes de Paris 2024 diminue, quel sera l’impact sur la préparation des sportifs français pour les JO de Los Angeles 2028 ?

Un enjeu de société : « Le sport, c’est le vivre-ensemble »

Dans leur tribune, les 425 athlètes insistent sur le rôle sociétal majeur du sport : « Le sport est un outil d’inclusion, d’éducation, de santé publique et de lien social. Cette coupe budgétaire est un non-sens. »
Avec une population de plus en plus sédentaire et un taux d’obésité en hausse, réduire les moyens alloués au sport pourrait également avoir des répercussions sanitaires. Le sport est un levier essentiel pour la prévention des maladies cardiovasculaires et la lutte contre la sédentarité, notamment chez les jeunes.
Des alternatives pour préserver le budget des Sports ?
Plusieurs pistes sont évoquées pour éviter une coupe aussi drastique :
Mieux répartir les ressources issues des taxes sur les paris sportifs et la Française
des Jeux.
Impliquer davantage le secteur privé via des partenariats public-privé.
Augmenter les dotations des collectivités locales, qui jouent un rôle clé dans le
financement du sport amateur.
Une bataille qui ne fait que commencer
La pression exercée par les athlètes et les fédérations sportives pourrait-elle faire reculer le gouvernement ? Le Sénat a déjà rejeté cette baisse budgétaire, et de nombreux parlementaires appellent à un réexamen du projet de loi de finances 2025.
Si le mouvement prend de l’ampleur, une mobilisation citoyenne pourrait également voir le jour, à l’image de ce qui s’est fait pour la préservation des crédits alloués à la culture ou à l’éducation.
Dans tous les cas, l’avenir du sport français est en jeu. Ce combat ne concerne pas
seulement les athlètes, mais aussi toutes les générations futures, qui risquent de voir leur accès au sport limité par des choix budgétaires discutables.
Désiré Camara


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