Ces dernières semaines, les discussions autour du projet de loi de finances ont rythmé l’actualité. Peu évoqué, le budget du ministère des Sports n’a pas été épargné par les coupes budgétaires du gouvernement. Pourtant, l’addition aurait pu être bien plus salée pour « le plus petit des budgets ».

Six mois environ après la fin des Jeux olympiques, le sport a fait son retour dans l’actualité. Mais cette fois, ce n’était pas pour les mêmes raisons. Bien loin de l’euphorie d’une olympiade en France, ce sont les discussions autour du projet de loi de finances 2025 qui ont remis le sport sur le devant de la scène. En cause, des coupes dans le budget du ministère des Sports, qui ont vite soulevé des inquiétudes dans le milieu.

Un rabotage de 33 % du budget qui passe mal

Jeudi 16 janvier. Alors que le Sénat doit examiner le budget des Sports, le gouvernement, par l’intermédiaire de Marie Barsacq, la ministre concernée, dépose un amendement qui fait bondir le monde sportif. Celui-ci proposait une nouvelle baisse des crédits alloués qui s’élevait à 34,3 millions d’euros. « C’est lâche. C’est méprisant pour le sport, les clubs, les athlètes », a confié Philippe Bana, président de la Fédération française de handball, à L’Équipe.

Outre cet amendement, une baisse initiale de 273 millions d’euros du budget du ministère des Sports était prévue. Au total, l’enveloppe serait passée de 909 millions à 607 millions d’euros si cette disposition avait été adoptée. Mais c’était sans compter sur la mobilisation des sénateurs, qui fait écho à la réaction des sportifs, qui sont près de 400 à avoir signé une tribune dans L’Équipe contre la baisse du budget.

Le Sénat en mode pompier de service

Chargé d’examiner le texte, avant que la commission mixte paritaire n’en sorte une version définitive, le Sénat n’a pas fait dans le détail. La haute assemblée a voté pour la suppression du Service national universel (SNU), soit une économie de 100 millions d’euros. Dans cette somme, les sénateurs ont décidé, via un amendement, d’attribuer 80 millions au sport. « Nous ne pouvons pas sacrifier le sport », a soulevé Simon Uzenat, sénateur PS du Morbihan, lors de la séance d’examen.

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A contrario des députés, les sénateurs ont défendu le sport par plusieurs amendements – Photo : Pavel Clauzard

Tour à tour, les sénateurs ont dénoncé le coup de rabot supplémentaire proposé par la ministre des Sports. « Je rêve ou… C’est bien ça ? Sur 500 milliards de budget vous touchez au sport ? » s’est exclamé Dominique Théophile, sénateur RDPI de la Guadeloupe, s’adressant à Marie Barsacq. Un propos qui illustre la tendance sénatoriale sur le sujet, avec un vote unanime pour refuser cette nouvelle coupe et réattribuer une majeure partie des crédits du SNU aux Sports. « En CMP, nous nous battrons », avait martelé le rapporteur général de la commission des finances dans l’hémicycle. Le ton est donné avant l’ultime examen.

Une « CMP conclusive » qui a limité la casse

Fin janvier, le moment fatidique arrive. Que va-t-il advenir du budget du ministère des Sports, en partie « sauvé » par le Sénat quelques jours auparavant ? Cette décision, c’est à la commission mixte paritaire, mélangeant députés et sénateurs, de la prendre. Si le transfert de 80 millions d’euros des crédits du SNU n’a pas été retenu dans le texte de la CMP, le coup de rabot proposé par la ministre et largement refusé par le Sénat, n’y figure pas non plus.

Pour limiter la chute drastique du budget des Sports, les parlementaires ont trouvé une autre source de revenus : les taxes sur les paris sportifs en ligne. L’objectif est de puiser un peu plus dedans, à hauteur de 80 millions d’euros, pour financer l’Agence nationale du sport (ANS). Après cette ultime décision, le budget du ministère des Sports est amputé d’une centaine de millions d’euros, contre 188 initialement. « Une première victoire en faveur du budget du sport », a salué Michel Savin, sénateur Les Républicains, très engagé sur le dossier.

« J’espère un budget rectificatif dans les prochains mois »

Ce lundi, François Bayrou a déclenché l’article 49.3, qui permet de faire adopter le projet de loi de finances sans vote de l’Assemblée nationale. Sauf retournement de situation et une majorité de votes en faveur d’une motion de censure, le budget 2025 devrait être entériné, le volet « mission sport » avec.

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Les députés n’ont pas eu l’opportunité de voter le projet de loi de finances 2025 – Photo : Pavel Clauzard

Malgré cette adoption probable, nombre de députés ne comptent pas renoncer quant au montant du budget des Sports. « Le sport est le plus petit budget. Il représente moins de 0,2 %, donc je trouve sa contribution à l’effort disproportionnée. J’espère un budget rectificatif dans les prochains mois », confie Belkhir Belhaddad, député Renaissance de la première circonscription de Moselle. Le combat pour le sport semble loin d’être terminé dans l’hémicycle.

Pavel CLAUZARD

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