Après l’euphorie des Jeux olympiques de Paris 2024, les athlètes français sont confrontés à une nouvelle épreuve : une réduction drastique du budget du sport par le gouvernement. Dans une tribune signée par 425 sportifs, ils dénoncent cette décision, qui menace l’avenir du sport amateur comme professionnel, et appellent à une prise de conscience nationale.

Ministère de l’Économie et des finances

Un budget amputé de 33 % : le choc


Le gouvernement a récemment annoncé une coupe de 300 millions d’euros dans le budget alloué au sport, soit une réduction de 33 %. Cette décision, motivée par des contraintes budgétaires générales, a pris de court les acteurs du milieu sportif. Pourtant, le sport représente seulement 0,2 % du budget total de l’État. Cette annonce intervient quelques mois seulement après les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, qui avaient généré un engouement massif à travers le pays. Avec une hausse de 20 % des inscriptions dans les clubs sportifs et un regain d’intérêt pour les disciplines souvent méconnues, les Jeux devaient laisser un héritage durable. « On nous avait promis un élan pour les générations futures, mais cette décision casse tout. On se sent trahis », déplore Clarisse Agbégnénou, double championne olympique de judo.


Les athlètes montent au créneau

« En réduisant le budget, on nous demande de faire plus avec moins. Mais c’est impossible, que ce soit pour les jeunes ou pour nous, les professionnels », explique Renaud Lavillenie, champion olympique de saut à la perche.


Les signataires insistent également sur l’importance des équipements sportifs, déjà insuffisants dans certaines régions. Cette réduction pourrait entraîner la fermeture de clubs, la diminution des créneaux dans les salles ou encore l’arrêt de programmes destinés aux jeunes et aux personnes en situation de handicap.


Des conséquences pour tous les niveaux

Combat d’escrime lors des J.O de Paris 2024

Face à cette situation, 425 sportifs, parmi lesquels des médaillés olympiques et paralympiques, ont décidé de prendre la parole dans une tribune publiée dans L’Équipe. Ils dénoncent une décision qui, selon eux, compromet directement l’accès au sport pour tous et l’accompagnement des athlètes de haut niveau.

Les athlètes alertent sur les nombreuses conséquences de cette coupe budgétaire :


• Fermeture de clubs locaux dans les zones rurales et les quartiers populaires.
• Diminution des équipements de proximité, essentiels pour favoriser l’accès au sport pour tous.

• Réduction des activités physiques et sportives dans les écoles, mettant en danger
la formation des jeunes talents.
• Un accompagnement fragilisé pour les sportifs de haut niveau, déjà confrontés à
une concurrence mondiale féroce.


« Cette coupe budgétaire, c’est un sabotage du vivre-ensemble », peut-on lire dans la tribune. Pour eux, le sport ne se limite pas à une médaille ou à une victoire : il est un pilier de la société, essentiel pour la santé publique, l’éducation, et le lien social.

Le Président et la nouvelle ministre des Sports tentent de rassurer


Face à cette fronde, Emmanuel Macron a réagi en armant comprendre les inquiétudes des sportifs. « Vous avez raison. Depuis 2017, j’ai veillé à ce que le budget du sport augmente chaque année. Nous avons organisé des Jeux olympiques et paralympiques magnifiques. Il faut tenir nos engagements et mettre les moyens pour nos sportifs et pour que l’héritage des Jeux bénéficie à tous », a-t-il déclaré.

Marie Barsacq, récemment nommée ministre des Sports, a quant à elle déclaré vouloir appliquer une « méthode audacieuse » inspirée de Tony Estanguet pour faire face aux enjeux budgétaires. Elle a souligné l’importance de trouver des solutions innovantes malgré les contraintes financières.

Hémicycle de l’Assemblée nationale

« Ainsi, en ces temps compliqués, où l’on
connaît les enjeux budgétaires de notre pays, on
peut trouver des solutions. Nous avons connu
avec Paris 2024 des contraintes budgétaires et
nous avons trouvé des voies de passages
», a-t-elle affirmé lors de sa prise de fonction.

Pourtant, les paroles ne suffisent pas à calmer la colère des athlètes, qui réclament des actes concrets. Plusieurs personnalités sportives, comme le nageur Florent Manaudou, appellent à un plan d’urgence pour éviter de briser l’élan suscité par Paris 2024. « Ce sont des années d’effort qui risquent d’être réduites à néant. Il faut agir, et vite », affirme-t-elle

Un héritage en danger

Le sport français avait placé de grands espoirs dans l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024. Ce moment historique devait marquer un tournant pour démocratiser la pratique sportive et renforcer la place de la France dans le sport international. Mais les annonces budgétaires semblent remettre en question cet élan.

Initiation Basket fauteuil
en Seine-Saint-Denis lors
des J.O

Les bénévoles, les éducateurs sportifs et les dirigeants de clubs locaux
expriment aussi leur inquiétude. Beaucoup redoutent de devoir réduire
leurs activités ou même mettre la clé sous la porte. Dans les écoles, les
enseignants d’éducation physique s’inquiètent pour leurs élèves. « Le
sport, c’est aussi une manière d’apprendre des valeurs comme le respect,
la solidarité et le dépassement de soi. Si on réduit encore les moyens, on
perdra tout cela
», explique un professeur d’EPS en Seine-Saint-Denis.

Un appel à la mobilisation

Dans leur tribune, les athlètes concluent par un appel fort : « Le sport, ce n’est pas qu’une médaille. C’est une école de vie et un pilier de la société. En le fragilisant, on abandonne des millions de Français, jeunes et moins jeunes, qui en ont besoin au quotidien. »

La mobilisation s’organise désormais au-delà du monde sportif, avec des associations et des citoyens qui réclament, eux aussi, un investissement durable dans le sport. Le combat ne fait que commencer, et les athlètes espèrent que leurs voix seront entendues avant qu’il ne soit trop tard.


Aboubacar Konte 5 ISFJ ALT SPORT

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