Être éco responsable signifie tout simplement le fait de respecter la nature et l’environnement au maximum. Pour le citoyen normal, cela passe par quelques gestes simples aux grandes conséquences. Retour sur quelques-unes de ces habitudes à prendre pour changer la face du monde.
Si l’on imagine l’éco responsabilité comme un mode de vie stricte et drastique, la réalité ne peut en être que plus éloignée. Être éco responsable ne veut pas dire s’imposer une vie de forçat. Au contraire, il ne suffit que de petites habitudes à prendre, perdre ou changer. C’est, par exemple, privilégier la marche ou le vélo pour les trajets les plus courts et les transports en communs (bus, métro, train) pour des itinéraires plus longs. C’est aussi pratiquer le tri à l’aide de ces poubelles de couleurs que l’on voit dans les rues ou les résidences, ou simplement se renseigner sur son empreinte carbone et les autres façons de consommer. “Être éco responsable c’est aussi et surtout consommer moins, chercher une façon plus sobre de vivre”, insiste Mathilde, jeune femme éco responsable sensible à la question.
La logique éco responsable est avant tout un moyen de penser à la conservation de certaines des ressources les plus primaires, l’eau étant la plus essentielle. Malgré une surface recouverte à 70% d’eau de mer, la Terre ne dispose que d’une petite quantité d’eau douce propre à la consommation humaine (2,8% sur notre planète). Quelques pratiques simples suffisent pour éviter le gaspillage de cette précieuse ressource. On peut préférer la douche au bain, bien fermer ses robinets, ne lancer une machine à laver que si elle est pleine ou, dans la mesure du possible, récupérer l’eau de pluie. Limiter (et non arrêter) sa consommation de viande constitue aussi un premier pas. Produire un kilo de viande de bœuf demande près de 15500 litres d’eau, pour l’hydrater et nourrir les plantes que l’animal va consommer. On peut ajouter à cela 8700 litres pour la viande de porc et la volaille réunis.
Le bio, trop cher ?
“Évidemment le bio coûte un peu plus cher et en tant qu’étudiant ce n’est pas toujours facile d’acheter bio mais on trouve toujours des plans moins coûteux via des associations étudiantes, des enseignes spécialisées, etc.” explique Mathilde. Il est vrai que le bio coûte plus cher et selon l’Agence Bio, 74% des Français trouvent le bio trop onéreux. Une autre enquête d’UFC-Que-Choisir révèle que certaines enseignes affichent des produits bio plus chers de 59% (pour Lidl), voire de 86% (Monoprix) par rapport au conventionnel. Ces chiffres ont tout de même tendance à baisser, dans certains magasins spécialisés comme Biocoop. Cela peut s’expliquer par une part plus importante de la population s’intéressant à la nourriture biologique. Entre 1999 et 2023, le chiffre d’affaires de la filière biologique en France est passé d’un milliard d’euros à plus de douze. “Le marché est soumis à l’offre et à la demande, plus les gens vont consommer du bio moins il sera cher” ajoute Mathilde.
Mais alors pourquoi le bio est plus cher ? C’est simple, le rendement. Ce terme désigne tout simplement la quantité de ressources récoltées par rapport à la surface cultivée. Dans l’agriculture conventionnelle, le problème du rendement ne se pose pas. Les champs sont aspergés de pesticides pour contrer les maladies et empêcher les organismes de se nourrir du fruit des légumes. L’année dernière, ce sont près de 55 millions de tonnes de blé conventionnel récolté contre 871 000 tonnes pour les productions biologiques. Et devant ce souci de rentabilité, les agriculteurs ont reculé. La surface des terres arables converties en bio a diminué de 5 000 hectares et celle des terres en cours de conversion est trois fois inférieure à 2019. On peut l’observer dans les parts de marché de l’industrie biologique qui, sans chuter, sont en légère baisse par rapport au niveau atteint en 2020.
Les transports, némésis de l’éco responsable
Si la consommation alimentaire est un enjeu majeur de la question environnementale, les transports sont au moins aussi importants. Le plus mauvais élève de la classe s’appelle « Avion », et à lui seul, il représente plus de 10% des émissions mondiales de CO2. Cela est d’autant plus vrai que les effets de ces émissions ont pu être presque physiquement observés avec la crise de la COVID-19 et l’arrêt total des vols dans le monde. Le trafic aérien a pourtant rebondi depuis sa reprise progressive pour retrouver un niveau très proche de 2019. Les volumes sont d’ailleurs déjà supérieurs à ceux recommandés par l’Accord de Paris. « L’impact écologique d’un voyage en avion est si important qu’il annule une année entière de véganisme », s’alarme Mathilde.
Pourtant ce ne sont pas les solutions alternatives qui manquent. L’initiative CORSIA, qui œuvre à l’élaboration de moteurs moins émetteurs de CO2, offre un nouvel espoir. Seulement la pandémie a mis un coup d’arrêt au projet, le programme ne peut donc pas être rendu obligatoire avant 2027. Certains pays européens font jouer quelques leviers mais ce n’est pas suffisant, le kérosène n’est toujours pas taxé. Les compagnies sont donc toujours libres de l’utiliser pour alimenter leurs moteurs. Préférer les voyages en train, en bus ou en covoiturage sont alors des solutions à mettre plus en avant pour les pratiques touristiques. Le tourisme vert peut aussi être une solution à la question.
Théo TOURNEUR – 04 février 2025
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