
L’Audiovisuel en France, c’est près de 315 000 tonnes de CO2 produites pour l’année 2020. Réduire ces émissions ne relève pas juste de la tendance, c’est une nécessité. Depuis plus de 10 ans, le label Ecoprod a été lancé pour encourager les productions audiovisuelles à adopter des pratiques plus durables et réduire leur empreinte écologique.
Un engagement écologique au cœur de la production
Ce label se décline sous plusieurs critères : gestion des déchets, réduction de la consommation d’énergie, optimisation des déplacements, et éco-conception des décors et costumes. L’objectif est d’accompagner les productions dans un virage vert, avec des solutions concrètes pour minimiser l’impact environnemental.
L’industrie, de par sa consommation massive de ressources, contribue largement aux émissions de gaz à effet de serre. Ecoprod est donc une réponse, un moyen pour les professionnels du secteur de se montrer responsables tout en continuant à produire des œuvres de qualité.
Comment obtenir ce précieux sésame ?
L’obtention du label Ecoprod n’est pas une simple formalité. Pour en bénéficier, une production doit respecter plusieurs étapes et critères. Tout commence par la soumission d’une demande auprès de l’organisme en charge de l’attribution du label. Ensuite, un référent Ecoprod se rend sur le terrain pour évaluer les pratiques mises en place tout au long du projet. Cela inclut, par exemple, l’organisation du tri des déchets, le choix des matériaux pour les décors, ou encore la gestion des énergies utilisées sur le tournage.
« En tant que référente, j’interviens auprès des productions pour les accompagner dans leur processus de transition écologique, nous explique Audrey, qui intervient depuis plusieurs mois auprès de la société H2O Productions. Je les guide dans chaque étape de leur transformation, mais je vérifie aussi que les bonnes pratiques continuent d’être appliquées au quotidien. On se sent un peu comme un policier parfois ! Mais c’est pour une bonne cause, et les employés jouent facilement le jeu. ». Une fois ces critères validés, le label est attribué, et la production bénéficie d’une reconnaissance officielle de ses efforts en matière d’écoresponsabilité. Mais au-delà de cette certification, Ecoprod implique un suivi régulier pour garantir que les engagements sont maintenus tout au long de la production.
Des bénéfices notoires pour les productions engagées
L’un des principaux avantages du label Ecoprod est qu’il offre une réelle plus-value à la production, tant sur le plan économique qu’en termes d’image. En réduisant la consommation d’énergie et en optimisant les transports et la gestion des déchets, les productions peuvent réaliser des économies substantielles. C’est aussi un levier de communication puissant. De plus en plus de spectateurs et d’institutions privilégient désormais les productions ayant un engagement écologique visible.
Les équipes de production, souvent perçues comme les « moteurs » du projet, sont aussi au cœur de ce changement. Elles sont formées et impliquées dans cette démarche de réduction de l’impact environnemental, ce qui crée une culture de l’écoresponsabilité au sein de l’entreprise. Une personne est aussi désignée pour représenter les employés et être le relai du référent. Plus qu’un label, c’est un véritable changement de mindset pour les équipes, et de manière de travailler.
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Une mise en place dans l’effort et l’accompagnement
Malgré ses avantages, le parcours pour obtenir le label Ecoprod peut s’avérer complexe, surtout pour les petites productions ou celles qui ne sont pas habituées à ces démarches.
« Évidemment, il arrive parfois que certains employés soient réfractaires à ces changements, poursuit Audrey. Quand on n’a pas l’habitude de trier chez soi, il est difficile d’accepter que quelqu’un vous force à le faire sur votre lieu de travail ! Mais on essaie de leur faire comprendre qu’une fois les bonnes habitudes prises, il n’y a aucun aspect contraignant. ». Il faut également faire face à des contraintes logistiques, comme la gestion des déplacements ou le choix des fournisseurs locaux.
Toutefois, avec l’évolution des technologies et des pratiques, l’attribution du label devrait devenir de plus en plus accessible. S’il demande des efforts et un investissement en temps et en ressources pour l’obtenir, il permet d’adopter des pratiques responsables qui profitent à la fois à l’environnement et au secteur. Dans un contexte où les enjeux écologiques sont de plus en plus pressants, il répond aux attentes des spectateurs et des institutions, tout en engageant concrètement le secteur vers un avenir plus durable.
Alexandre Lesueur

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