Face aux enjeux environnementaux que nous traversons tous aujourd’hui, les efforts sont de mises, aussi bien auprès des entreprises qu’auprès des collectivités et des citoyens. Tous les secteurs sont touchés par ces enjeux, y compris les musées et autres lieux de culture. Si certains musées doivent encore faire des efforts, d’autres se transforment en véritables laboratoires d’innovation vers une meilleure transition écologique.
Quelle empreinte carbone pour les musées ?
Depuis 2020, le collectif Les Augures, spécialisé dans l’accompagnement des acteurs culturels dans leur transition écologique, met en lumière l’impact environnemental des grandes institutions. Par exemple, un musée parisien majeur émet près de 9 000 tonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent des émissions de 800 Parisiens. Ce constat alarmant est en grande partie dû à l’accueil d’un public de plus en plus nombreux, à l’entretien des infrastructures et aux exigences de la scénographie. On vous explique :
Le secteur culturel ne cesse d’attirer : avec près de 87 millions de visiteurs en 2021 et une contribution de 2,2 % au PIB national, les musées se positionnent comme des pôles incontournables de notre patrimoine et de notre économie.
Cette affluence a cependant un coût environnemental élevé. l’énergie nécessaire à la conservation des œuvres et à la mise en place de dispositifs d’exposition et de scénographie alimente une facture énergétique déjà conséquente. À cela s’ajoute, le transport des visiteurs ainsi que celui des collections, venant souvent de loin, faisant grimper le bilan carbone des institutions.

Pourtant, la prise de conscience ne date pas d’hier. Depuis près de dix ans, les musées, à commencer par des institutions emblématiques comme le Louvre, ont intégré dans leur organisation des postes dédiés à la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Ces responsables de la transition écologique, véritables nouveaux éco-responsables, mettent en place des initiatives visant à limiter les émissions de CO₂ et à repenser l’organisation interne des institutions.
Parmi ces initiatives, plusieurs actions se distinguent :
- Optimisation des matériaux : Les musées commencent à bannir l’usage de matériaux particulièrement polluants, tels que la moquette et le polyane, afin de réduire leur empreinte environnementale lors de la scénographie.
- Promotion de la mobilité durable : Certains établissements, comme la Cité des Sciences, proposent des tarifs préférentiels pour les visiteurs arrivant à vélo. Cette démarche incite les citoyens à adopter des modes de transport plus respectueux de l’environnement.
- Modernisation des systèmes énergétiques : Le musée d’Orsay, par exemple, a réussi à diminuer sa consommation d’énergie de 18 % en hiver grâce à la mise à jour de ses installations.
- Recyclage et mécénat responsable : Des programmes tels que « Cercle art & écologie » au Palais de Tokyo ou la réutilisation du mobilier par le musée Jacques Chirac montrent que le recyclage et le mécénat responsable sont des leviers efficaces pour financer des actions écologiques durables.
Les musées pour sensibiliser au changement climatique
Au-delà des actions de réduction de l’empreinte carbone, les musées jouent un rôle fondamental dans l’éducation à l’environnement. Ils ne se contentent pas de modifier leurs pratiques internes ; ils sensibilisent également leurs publics aux enjeux du développement durable. Des expositions dédiées à l’écologie, comme celles proposées dans certains musées d’Histoire naturelle, et des ateliers interactifs, tel que « Quelle culture pour quel futur ? » organisé par le Centre Pompidou en 2022, participent activement à la sensibilisation aux enjeux climatiques. Ces initiatives permettent aux visiteurs de comprendre les défis environnementaux et de faire réfléchir à adopter des comportements plus responsables au quotidien.
Aussi, si connaitre votre empreinte carbone vous intéresse, le musée des arts et métiers propose, jusqu’au 11 mai prochain, Empreinte Carbone, l’expo ! De quoi se questionner sur notre consommation au quotidien.

En outre, cette transition s’appuie sur une collaboration étroite avec les pouvoirs publics. Le ministère de la Culture, par exemple, met à disposition des guides d’orientation pour aider les musées dans leur transition énergétique et écologique. Ces outils sont complétés par des rencontres et des échanges avec des experts, renforçant la prise de conscience et l’engagement des acteurs du secteur culturel.
Ainsi, les musées, en adoptant des pratiques innovantes et durables, offrent un exemple inspirant de la manière dont les institutions culturelles peuvent contribuer à la lutte contre le changement climatique. Ils démontrent que la transition écologique ne se limite pas aux secteurs industriels ou technologiques, mais s’inscrit également dans la gestion et la valorisation du patrimoine culturel. Ce faisant, ils deviennent des relais essentiels pour la diffusion d’un modèle de société plus respectueux de l’environnement, où entreprises, collectivités et citoyens travaillent ensemble pour un avenir meilleur.
La transformation des musées en lieux éco-responsables illustre parfaitement comment les défis environnementaux poussent à l’innovation dans tous les secteurs de la société. À l’heure où la réduction de l’empreinte carbone est devenue une nécessité impérieuse, les nouveaux éco-responsables dans le monde culturel offrent une vision inspirante et pragmatique. Ils montrent qu’en adoptant des mesures concrètes et en engageant toutes les parties prenantes, il est possible de conjuguer développement culturel et préservation de notre planète.
Sources
Les musées au défi de la décarbonation
La transition écologique entre au musée – notre-environnement
Les musées se dessinent un avenir plus vert | Les Echos
Comment les musées (et les collectivités) peuvent réduire leur emprein
Tom DELANGUE

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