Amérique du Sud, Asie, Europe, Péninsule Arabique, Etats-Unis… Chaotique et rarement organisé pour que des courses voisines se déroulent les unes après les autres, le calendrier du championnat de Formule Un s’alourdit un peu plus chaque année.

Le drapeau de Ferrari lors d’un Grand Prix en 2024. © Gabrielle Dumon

Entre 2017 et 2025 par exemple, les équipes passent de vingt Grand Prix à vingt-quatre, alors que certains décisionnaires hauts placés convaincus qu’un ou deux de plus seraient une bonne initiative. Pour certains, relever cet aspect logistique de la catégorie reine du sport automobile paraît étrange. Le problème de la F1 n’est-il pas, tout simplement, les voitures ? Depuis le début des années 2000, les moteurs de monoplaces en Formule Un s’éloignent de plus en plus des polluants.

En 2005, les constructeurs abandonnent les moteurs V10 pour les V8 jusqu’en 2014, pour mettre en avant cette même année des moteurs V6 hybrides qui sont aujourd’hui la norme dans ce sport automobile. Chaque constructeur met même en place ses propres recherches pour produire un carburant le plus neutre possible pour la planète. Pour ce sport où les normes sont dures à faire évoluer, le plus gros du travail est fait. Il reste donc un problème : le calendrier. Lorsqu’on évoque ce dernier, peu envisagent la quantité d’aller-retours en avion pour les équipes, en camion ou avion pour les voitures, en jet privés pour les pilotes, parfois seuls en cabine…

“Aujourd’hui, dire qu’on ne peut pas remodeler le calendrier, c’est une fausse réponse.”

Pierre Guyonnet-Dupérat.

Pierre Guyonnet-Dupérat, ancien directeur des communications  et de la Responsabilité Sociale des Entreprises du Grand Prix de France, évoque ce blocage à l’évolution de la Formule Un. “Au niveau environnemental aujourd’hui, qu’est-ce que font la Formule Un et les organisateurs de Grand Prix ? Pas grand-chose, ou pas assez”, relève-t-il.”Il faut clairement qu’il y ait des changements, un peu plus de rationalisation dans le milieu. Au niveau du calendrier, de l’accès aux courses, du nombre des courses, des engagements des organisateurs…”

L’ancien du Grand Prix de France nuance son propos. “La Formule Un a dans ses contrats des critères environnementaux, maintenant”, analyse-t-il, en référence au fait que les Grand Prix au calendrier et les équipes doivent obtenir la certification environnementale de la Fédération Internationale de l’Automobile. Il revient à la charge : “Aujourd’hui, dire qu’on ne peut pas remodeler le calendrier, c’est une fausse réponse. Il faut que le pays hôte soit moteur sur des choses comme ça ! En Europe, les pays le sont naturellement. Malheureusement, dans les pays comme l’Arabie Saoudite, les États-Unis ou le Brésil, non. C’est aussi une question de politique publique.”

Certains changements, dont cette certification de la FIA, organe régulateur du sport automobile, témoignent de la mise en branle d’un des plus vieux sports mécaniques du monde – dont le premier championnat date de 1950. L’objectif Net Zero Carbon, présenté par le PDG de la Formule 1 Stéfano Domenicali, fait partie des initiatives lancées. D’ici 2030, la F1 veut réduire son empreinte carbone à 0 : “Ce n’est plus assez pour nous de montrer de belles courses sur les circuits, nous devons également nous assurer que nous le faisons de manière durable pour que sport puisse prospérer”, assure Stefano Domenicali dans un entretien accordé aux journalistes de F1. 

A partir de 2026, lors du changement de régulations de la Formule Un, toutes les équipes basculeront également vers un carburant 100% durable pour toutes leurs courses. Les efforts de recherche personnels des équipes, mentionnés précédemment, seront centrés sur  la performance de leurs carburants à partir de cette nouvelle ère de la F1. Du côté des Grand Prix, un rapport de la Formule Un datant de 2023 indique que ceux du Bahreïn, de la Grande-Bretagne et de l’Autriche ont tous utilisé des énergies renouvelables pour alimenter les évènements de leurs weekends de course (panneaux solaires, générateurs avec carburants durables…).

L’avenir, c’est la Formule E ?

Si la Formule Un fait de son mieux pour changer, sa “petite soeur”, la Formule Électrique, reste sur ses talons. Sur Youtube, c’est l’influenceuse Toni-Cowan Brown qui se penche un peu plus sur ce bras de fer entre F1 et FE : “La Formule E est-elle une autre catégorie ou est-elle le futur du sport automobile ?” Elle décrypte le fonctionnement de ces voitures entièrement électriques, mais cet aspect n’est pas suffisant. Comme souligné dans une vidéo explicative de la Formule Un, les voitures électriques polluent également énormément lors de leur production, et ne sont donc pas la réponse aux questionnements écologiques autour des sports mécaniques. La Formule E se fait donc une place dans le milieu du sport automobile, mais elle n’est pas prête de remplacer la Formule Un, qui continue à se battre et évoluer pour rester au goût du jour.

Gabrielle Dumon

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