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Paradoxe de l’influence : consommer mieux en consommant moins ?

Le marketing d’influence n’a jamais été aussi puissant. Les réseaux sociaux dictent les tendances, et les influenceurs sont devenus les nouveaux gourous du shopping. Mais à l’heure où la surconsommation est pointée du doigt, où se situe la limite entre inspiration et incitation ?

Entre « gifting » à gogo et partenariats incessants, le modèle traditionnel de l’influence pose question.

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Le gifting : du rêve à la réalité

Si les influenceurs reçoivent des cadeaux par palettes, c’est parce que les marques ont compris une chose : voir un produit entre les mains de son créateur favori booste l’envie d’achat. Pourtant, cette stratégie a un coût écologique et éthique non négligeable. Déjà, le packaging et l’expédition des colis multiplient l’empreinte carbone. Ensuite, que deviennent ces objets une fois la story postée ? Certains influenceurs les distribuent à des associations ou à leur audience, d’autres avouent en stocker des montagnes.

Crédits : @queenofgettingbanned

Les consommateurs, de plus en plus informés, n’hésitent plus à pointer du doigt ces excès. En réaction, des créateurs adoptent de nouvelles pratiques : sélection drastique des collabs, refus des envois non sollicités, mise en avant de marques écoresponsables…

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L’essor des influenceurs éco-responsables

Face à ce constat, une nouvelle génération d’influenceurs a fait de la consommation responsable son cheval de bataille. Exit la fast fashion et les gadgets en plastique, place aux alternatives durables ! Upcycling, DIY, seconde main, minimalisme… autant de concepts qui trouvent un écho grandissant sur Instagram et TikTok.

Des créateurs comme @Coline, @MyBetterSelf ou encore @LéaCamilleri ne se contentent plus de recommander des produits, ils sensibilisent leur audience à un mode de vie plus respectueux de la planète.

Vers une influence plus réglementée

Pour éviter le greenwashing et encadrer ces nouvelles pratiques, les régulations se renforcent. Depuis 2023, un certificat d’influence responsable est accessible aux créateurs de contenu. Son but ? Former les influenceurs à une communication plus éthique et transparente.

Le décret de juin 2023 impose aussi plus de clarté sur les partenariats : tout contenu sponsorisé doit être explicitement mentionné. Les labels « éco-friendly » doivent désormais être justifiés par des preuves concrètes. Ces avancées sont essentielles pour lutter contre le « greenwashing » et garantir une vraie sincérité dans les messages diffusés.

Crédits : Loyoly

L’influence de demain : moins, mais mieux

L’éco-responsabilité dans l’influence, ce n’est pas juste un effet de mode. Les créateurs et leurs abonnés prennent conscience de l’impact de leurs choix. Si la consommation responsable passe par une réduction des achats impulsifs, elle ne signifie pas pour autant la fin du marketing d’influence. Au contraire, elle ouvre la voie à une influence plus authentique, plus engagée, et surtout, plus durable.

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« Il faut repenser notre rapport aux collabs »

Crédits : BELIEEV MEDIA –@aya_interiors

Aya Interiors (@aya_interiors) est une créatrice de contenu qui mixe déco, DIY et recettes maison. Son compte regorge d’idées pour rénover son intérieur sans exploser son budget, ni son impact écologique. Très sollicitée par les marques, elle a fait le choix de collaborer différemment.

ISFJ News : Comment intégrez-vous l’éco-responsabilité dans votre contenu ?

Aya Interiors : J’essaye d’encourager mes abonnés à réutiliser ce qu’ils ont déjà, à chiner en brocante ou à fabriquer eux-mêmes leurs objets déco. Je reçois souvent des propositions de partenariats, mais je les trie. Je refuse les produits en plastique jetable et je demande aux marques si elles peuvent m’envoyer un seul exemplaire plutôt qu’un lot entier.

Avez-vous déjà refusé des collabs importantes ?

 Oui, plusieurs fois ! Même si c’est tentant, je ne veux pas promouvoir des objets que je ne consommerais pas moi-même. Par exemple, une marque m’a proposé une collab avec des meubles en bois exotique, mais coupés de forêts non durables. J’ai dit non. Je préfère travailler avec des entreprises locales, qui ont une vraie transparence sur leurs produits.

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Quels conseils donneriez-vous aux marques qui veulent s’inscrire dans cette démarche ?

Miser sur la qualité plutôt que la quantité ! Un bon produit, bien conçu, avec une vraie éthique, se vendra mieux qu’un objet « tendance » mais jetable. Et surtout, choisir des influenceurs en phase avec leurs valeurs, pas juste pour les chiffres.

Kévin CALCIA

4 responses to “Gifting et Écologie : Le Paradoxe de l’Influence”

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