
Alors que l’industrie de la mode fait face à de grandes critiques liées aux ravages écologiques de la fast fashion, les consommateurs et les marques se tournent vers des alternatives plus durables : seconde main, recyclage, vintage…
Comment la société prend-elle conscience de son impact et cherche-t-elle des alternatives plus éco-responsables ?
Fast fashion : une prise de conscience collective
La fast fashion, longtemps synonyme de mode accessible, de vêtements pas chers et renouvelés à l’infini, est aujourd’hui pointée du doigt pour son impact environnemental et social. Entre pollution massive, exploitation des travailleurs et gaspillage textile, la prise de conscience s’accélère. Résultat : les consommateurs changent leurs habitudes et cherchent des alternatives durables.
Chaque année, l’industrie textile produit 92 millions de tonnes de déchets. Cette industrie est également responsable de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que les vols internationaux et le transport maritime réunis (source : Parlement européen). En France, 700 000 tonnes de vêtements sont mises sur le marché chaque année, mais moins d’un tiers est recyclé.
Des chiffres alarmants qui ont poussé les consommateurs à modifier leur manière de consommer. Selon une étude de l’ADEME, 42 % des Français ont réduit leurs achats de vêtements neufs et 30 % privilégient désormais la seconde main.
Seconde main et plateformes de revente : un boom historique
Face à cette prise de conscience, le marché de la seconde main explose. En 2023, Vinted comptait plus de 23 millions d’utilisateurs en France, et le secteur de la mode d’occasion pèse désormais près de 7 milliards d’euros. Des plateformes comme Leboncoin, Vestiaire Collective ou encore Once Again surfent sur cette tendance.
« J’achète presque exclusivement sur Vinted maintenant. C’est moins cher et ça me permet de donner une seconde vie aux vêtements. En plus, il n’y a pas longtemps, je me suis mise également à vendre les vêtements que je ne porte plus. » — Coralie T., 22 ans.
Les grandes enseignes s’adaptent aussi : Zara, H&M ou encore Kiabi ont lancé leurs propres plateformes de revente. Une manière de suivre la tendance tout en limitant leur production excessive.
« Je me suis mise à la seconde main il y a deux ans. Je trouve des pièces de meilleure qualité : en friperie, ce n’est pas du Shein qu’on trouve ! J’aime aussi l’idée de ne pas encourager la surconsommation. » — Lahna S., 21 ans, adepte des friperies parisiennes.
Le recyclage textile : une alternative en plein développement
L’industrie textile explore également des solutions innovantes pour limiter son impact, parmi lesquelles le recyclage des vêtements usagés. Aujourd’hui, seulement 1 % des textiles produits dans le monde sont recyclés en nouveaux vêtements (source : Fondation Ellen MacArthur). Un chiffre encore trop bas, mais des initiatives émergent.
Certaines marques comme Patagonia, Veja ou 1083 proposent des collections fabriquées à partir de fibres recyclées. D’autres, comme H&M et Decathlon, mettent en place des programmes de collecte pour encourager leurs clients à ramener leurs anciens vêtements.
L’éco-organisme Refashion, qui gère le recyclage textile en France, ambitionne d’atteindre 50 % de taux de recyclage d’ici 2027. Une initiative essentielle pour limiter l’impact environnemental de l’industrie.
Dans un article du Guardian datant de novembre 2017, McCartney a qualifié l’industrie de la mode « d’incroyablement gaspilleuse et nuisible pour l’environnement ». «Trouver un moyen de travailler ensemble pour améliorer notre industrie pour l’avenir de la mode et pour l’avenir de la planète », a-t-elle déclaré.
Le retour du vintage et des matières durables
Une nouvelle tendance forte se dessine : le retour du vintage et des matières éco-responsables. Les friperies connaissent un véritable renouveau, notamment auprès de la Gen Z, en quête de pièces vintage, tendance et respectueuse de l’environnement.
De nombreuses marques ont senti le vent tourner et misent aujourd’hui sur des matériaux plus écologiques : lin, chanvre, coton bio ou encore fibres issues du recyclage. Des labels comme GOTS (Global Organic Textile Standard) ou Oeko-Tex garantissent aujourd’hui une mode plus propre et éthique.
Un avenir plus durable pour la mode ?
Si la fast fashion veut continuer d’exister, elle doit désormais se réinventer dans une société qui pousse de plus en plus pour une mode plus écologique. De nouvelles habitudes d’achat, une transparence accrue des marques et des réglementations plus strictes pourraient bien accélérer cette transition.
Et vous, êtes-vous prêt(e) à changer votre manière de consommer la mode ?
Comment adopter une mode plus responsable ?
✔ Privilégier la seconde main : Vinted, Leboncoin, friperies, vide-dressings…
✔ Acheter moins mais mieux : choisir des vêtements de qualité qui dureront.
✔ Se renseigner sur les labels : GOTS, Oeko-Tex, Fair Trade…
✔ Recycler et donner ses vêtements : via Refashion, Emmaüs ou Le Relais.
✔ Opter pour des marques éthiques : Veja, Patagonia, 1083, Armedangels…
Bénédicte Ndeke Mukunay

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