Moins de six mois après la clôture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, le monde du sport français est confronté à une réalité préoccupante : une réduction significative du budget alloué au ministère des Sports. Cette situation suscite de vives inquiétudes quant aux répercussions potentielles sur la pratique sportive, tant au niveau professionnel qu’amateur.
Une baisse budgétaire alarmante
Selon les prévisions, le budget du ministère des Sports pour 2025 pourrait diminuer de 200 millions d’euros, passant de 1,8 milliard à 1,6 milliard d’euros. Cette réduction de 33 % inclut notamment la fin des dépenses exceptionnelles liées aux Jeux de Paris 2024, telles que les primes aux athlètes et les dispositifs de promotion du sport.
Cette annonce a provoqué une réaction immédiate de la part de la communauté sportive. Dans une tribune publiée le 22 janvier 2025, 425 athlètes, dont Teddy Riner, Léon Marchand, Marie Patouillet et Nicolas Batum, ont exprimé leur profonde inquiétude face à ces coupes budgétaires, ils dénoncent un « sabotage du vivre-ensemble » et soulignent que « le sport français ne coûte rien par rapport à ce qu’il rapporte. »
Des témoignages de sportifs engagés
Parmi les signataires de la tribune, le fleurettiste Enzo Lefort, médaillé de bronze par équipe aux JO de Paris, a partagé sa déception : « Ça me rend triste, je suis déçu, tout simplement. Après, pour être tout à fait honnête, je ne suis pas naïf et je m’y attendais un peu, même si je ne pensais pas que ce serait dans de telles proportions. » Il souligne également les conséquences directes sur les infrastructures sportives : « Oui, cela va directement impacter les infrastructures sportives, qui sont le socle de la pratique dans notre pays. Comment va-t-on faire si on ne peut pas accueillir dans des conditions décentes tous ces nouveaux jeunes qui ont eu envie de rejoindre un club à la rentrée, grâce aux JO ? »

Impact sur le sport amateur et professionnel
La réduction du budget risque d’accentuer les disparités entre le sport professionnel et amateur. Les clubs amateurs, déjà confrontés à des ressources limitées, pourraient voir leurs subventions diminuer, compromettant leur capacité à accueillir de nouveaux licenciés et à entretenir leurs infrastructures. Cette situation est d’autant plus préoccupante que, selon le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), les clubs ont enregistré une hausse de plus de 20% des demandes d’inscriptions par rapport à 2023, un engouement directement lié aux Jeux de Paris 2024.
À l’inverse, le sport professionnel, bénéficiant de financements privés et de partenariats, pourrait être moins affecté par ces coupes budgétaires.
Cependant, une diminution du soutien au sport amateur pourrait à terme réduire le vivier de talents nécessaires au haut niveau, menaçant ainsi la compétitivité de la France sur la scène internationale.
Les dangers pour la société
Au-delà des performances sportives, la baisse du budget des sports pourrait avoir des conséquences sociétales majeures. Le sport est reconnu pour ses bienfaits sur la santé, l’éducation et le lien social. Une diminution des investissements dans ce domaine pourrait entraîner une hausse des problèmes de santé publique, une augmentation de la sédentarité et une réduction des interactions sociales, notamment chez les jeunes. Et comme le précise l’ensemble de ces sportifs « le sport français ne coûte rien comparé à ce qu’il apporte. »
Les signataires de la tribune alertent d’une même voix « si l’on réduit le budget du Sport Français, c’est notre société qui en paiera le prix fort : une santé fragilisée, un lien social détricoté, et un déclin sportif dès les Jeux de 2028 alors même que la France accueillera de nouveau les Jeux en 2030. » Un mécontentement auquel à répondu le président de la république française Emmanuel Macron, « vous avez raison. »
Un appel à l’action
Face à cette situation, les acteurs du sport français appellent les pouvoirs publics à
reconsidérer ces coupes budgétaires. Ils plaident pour un investissement soutenu dans le sport, non seulement pour soutenir les athlètes de haut niveau, mais aussi pour garantir l’accès à la pratique sportive pour tous, partout sur le territoire. Le CNOSF a également publié un communiqué exhortant le gouvernement et les parlementaires à préserver les financements dédiés au sport, soulignant que « la réduction des fonds pour les politiques sportives menace la capacité des clubs à accueillir de nouveaux licenciés après les succès des Jeux olympiques et paralympiques. »
En conclusion, la baisse annoncée du budget des sports en France suscite une vive
inquiétude quant à ses répercussions sur la pratique sportive à tous les niveaux. Il est
essentiel de reconnaître le rôle fondamental du sport dans notre société et de garantir les moyens nécessaires à son développement, tant pour le bien-être individuel que collectif.
Baptiste VINAS
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