Le tri des déchets, un geste devenu quotidien pour beaucoup de Parisiens et de Boulonnais, est essentiel pour réduire l’impact environnemental de nos déchets. Des projets d’innovation mis en place par les mairies et par les collectifs peuvent poser problèmes à certains habitants, parfois témoins de pratiques controversées.

Le tri sélectif est devenu un geste indispensable afin de limiter l’impact environnemental
de nos poubelles. Pourtant, 35 % des déchets sont recyclés en France et 25 % des
collectes sont refusés chaque jour par les éboueurs car ils estiment qu’ils n’ont pas trier
correctement. En 2022, 309 millions de tonnes de déchets ont été produits, cela
représente environ 4,6 tonnes par personne en incluant tout type de déchets selon
l’agence de la transition écologique.
Cependant, entre la théorie et la pratique il y a un monde. Même si certains habitants de Paris sont de bonne foi en triant depuis des années, le tri n’est en réalité pas toujours fait. Une habitante du 18e arrondissement de Paris, interrogée dans le reportage de Zone Interdite et diffusé sur M6, a été choqué de voir que les poubelles partaient au même endroit.

Elle s’est même demandée à quoi cela servait de faire des efforts si cela ne suivait pas derrière. L’internaute qui a posté un extrait du reportage sur le réseau social X a souligné que tout finit dans la même benne peu importe la couleur des poubelles et que tout finira dans le même incinérateur. Dans de nombreuses villes, pour favoriser le tri, des poubelles publiques sont supprimées car elles ne permettent pas de faire le tri.

Est-ce le cas partout ?
Dans le Nord, près de Lille, Kylian* éboueur depuis une vingtaine d’années, a confirmé
lors d’un entretien téléphonique que ne pas faire de tri est une pratique courante dans de
nombreuses sociétés d’ordures ménagères. « Faute de moyens et de personnel, les
camions regroupent tout au même endroit. L’objectif avant tout est de ramasser les
poubelles. Certaines sociétés veulent plus de camions, mais les coûts sont trop élevés.
Dans certains cas, c’est au bon vouloir du chauffeur de faire le tri », explique-t-il. Par
ailleurs, « l’incinération des déchets organiques coûte plus cher que celle du papier, du
carton et du plastique. En générale, il est recommandé de faire le tri sauf que dans
certaines circonstances ce n’est pas toujours facile », ajoute-t-il.
Depuis le 1er janvier 2024, les collectivités ont mis en place des composteurs individuels et
collectifs afin de réduire les déchets organiques et de favoriser la production de compost
utilisable pour les espaces verts urbains ou les jardins des habitants.
A Boulogne-Billancourt, le 14 janvier 2025, les habitants d’une résidence de la rue
d’Aguesseau ont eu la surprise de recevoir sur leur palier un bac à compost.
Si certains saluent l’initiative, d’autres regrettent un manque d’anticipation.
« C’est une bonne idée, mais on aurait dû être prévenus. Quand on vit dans un studio, c’est
compliqué à cause du manque de place et des odeurs », témoigne Lara, une jeune
étudiante russe en droit et résidente. Celle-ci a finalement laissé son bac dans le couloir,
mais a disparu le lendemain. Pour les autres habitants de la ville, plusieurs bac à compost
situé au square des dominicaines ont été mis en place afin que chacun puisse apporter
son compost.
En conclusion, si le tri sélectif progresse à Paris et à Boulogne-Billancourt, notamment
avec des solutions innovantes comme les points de collecte et le compostage en pied
d’immeuble, des problèmes persistent. Le mélange des déchets lors de la collecte et les
difficultés liées à l’installation de composteurs freinent encore l’efficacité des efforts
collectifs.

Kylian* : pour des raisons de garder l’anonymat de la source personnelle, le prénom a été
changé.

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