Ces dernières années, l’éco-responsabilité est devenue une priorité incontournable dans le secteur alimentaire. Les grandes surfaces s’adaptent au désir croissant des
consommateurs de concilier santé et préservation de l’environnement. Quels sont les enjeux de cette nouvelle méthode de consommation durable ?

Le bio s’invite dans nos assiettes (Crédit Photo : iStock image libre de droit)
Le bio n’est plus une tendance, c’est une révolution dans nos assiettes !
L’essor de l’alimentation biologique reflète un changement profond dans les habitudes des consommateurs. Les raisons sont multiples, mais se résument principalement à la volonté de préserver sa santé, notamment concernant l’utilisation des pesticides, et de soutenir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement. En 2023, selon le Baromètre des produits biologiques, 54 % des Français ont déclaré avoir consommé des produits bio au moins une fois par mois, une tendance en constante progression.
L’intérêt grandissant pour le soutien à des modes de production plus éthiques, respectueux du bien-être animal et des ressources naturelles, devient ainsi un élément moteur de la consommation bio. Cependant, cette tendance reste intimement liée à des préoccupations de santé publique, comme le souligne l’expertise scientifique menée par l’INRA sur les fruits et légumes : le lien entre alimentation bio et santé est avéré, mais il est souvent encore confronté à des obstacles de prix et d’accessibilité.
Les limites de la consommation du bio
Les grandes surfaces, en particulier, jouent un rôle central dans cette dynamique de transition. Des marques comme Les 2 Vaches ou Alter Eco ont su répondre à la demande croissante des consommateurs en proposant des produits laitiers et des chocolats bio, garantissant à la fois une qualité gustative et un respect des principes éthiques et écologiques. Cependant, l’accès au bio demeure inégal, et plusieurs freins limitent sa démocratisation, notamment son coût élevé.
Le bio, bien que de plus en plus visible dans les rayons des supermarchés, souffre de l’image d’un produit élitiste, réservé aux foyers à revenu élevé. Les chiffres du Baromètre de 2023 montrent que 42 % des foyers gagnant plus de 2 500 € par mois consomment du bio de manière hebdomadaire, contre seulement 23 % chez les foyers à revenu inférieur à 1 000 € par mois.
Dans un contexte économique où l’inflation des prix alimentaires a rendu les Français plus sensibles à leurs dépenses, en 2023, 75 % des consommateurs ont cité le prix comme le principal frein à l’achat de produits bio. Cette tendance se renforce dans les périodes de restrictions budgétaires où 86 % des personnes en situation de restriction alimentaire évitent d’acheter des produits bio en raison de leur coût. À cela s’ajoute la question de l’accessibilité géographique, en particulier dans les zones rurales ou les quartiers plus éloignés des circuits de distribution bio.
Le bio et la qualité : un compromis délicat entre prix et
attentes
Le passage à une alimentation bio implique également de réévaluer les attentes des consommateurs. Si certains privilégient les aspects gustatifs et nutritionnels des produits bio, d’autres, notamment dans des foyers modestes, cherchent avant tout des solutions pratiques, rapides et accessibles. Le recul de l’attention portée à la santé et aux préoccupations environnementales, au profit du plaisir et de la praticité alimentaire, témoigne d’un changement de priorités dans les habitudes de consommation. De plus en plus, la tendance est à la recherche de commodité, comme en témoigne la baisse de l’attrait pour la cuisine maison et la montée de l’intérêt pour des repas préfabriqués ou à emporter, notamment depuis le confinement en 2020.
Vers un modèle économique plus inclusif et durable
Pour rendre l’accès aux produits bio plus équitable, plusieurs initiatives émergent. Pour contourner les difficultés liées au coût et à la géographie, les groupements d’achat solidaires, les coopératives alimentaires, ou encore les paniers bio livrés à domicile sont des solutions intéressantes. Certaines grandes surfaces, soucieuses d’intégrer des pratiques plus durables, développent des circuits courts, soutenant les producteurs locaux et réduisant ainsi les coûts liés à la chaîne de distribution.
De plus, des modèles économiques émergent, comme les abonnements bio, qui permettent de réduire les coûts en achetant directement auprès des producteurs et de garantir une offre régulière. Les programmes d’éducation, visant à sensibiliser les jeunes générations aux bienfaits de l’alimentation bio et durable, devraient également contribuer à pérenniser cette transition.
Des initiatives qui ouvrent la voie à une transformation durable de nos modes de consommation, pour un avenir où le bio devient accessible à tous.
Andréa Martinho


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