Alors que les enjeux climatiques sont de plus en plus au centre du débat politique, l’État s’est donné pour mission de former les futurs éco-citoyens. Le gouvernement décide donc d’agir au niveau de l’école, le lieu idéal pour sensibiliser aux enjeux environnementaux, et ce, dès le plus jeune âge. Enseignante dans la ville de Clamart, Isabelle André nous raconte comment elle intègre ces nouvelles thématiques au programme.
Enseignante depuis 11 ans, Isabelle André s’occupe de tous les niveaux, de la petite section au CM2. Actuellement, elle est remplaçante dans une classe de cycle 3, dans la ville de Clamart. Se référant à la Charte de l’environnement de 2004, Isabelle André intègre la notion d’environnement et d’éco-responsabilité à son enseignement depuis cinq ans environ. Ces notions ont été incorporées dans les programmes officiels à partir de juillet 2020. Ils invitent à une première sensibilisation des cycles 1 et 2 par des activités et à un approfondissement de ces mêmes apprentissages durant les cycles 3 et 4. Durant notre entretien, Isabelle André nous explique comment elle introduit ces nouvelles thématiques dans son enseignement.
La transdisciplinarité est la clé
Dans les écoles maternelles et primaires, il n’existe pas un cours spécialement dédié à la transition écologique et à l’environnement. Ces thématiques spécifiques et parfois difficiles à comprendre ne sont pas abordées frontalement mais par l’intermédiaire d’autres matières comme les sciences, la géographie ou la géométrie. Par exemple, la thématique de la pollution est présentée durant le cours de géographie sur les transports. L’enseignante fait participer ses élèves de manière active en leur demandant quel moyen de transport ils utilisent au quotidien. Cet échange, principalement oral, permet d’expliquer ce que signifient les termes “impact carbone” et ses conséquences sur l’environnement. Aussi, durant le cours de géométrie sur les quadrilatères, les figures géométriques sont en forme de panneaux solaires. Ce choix calculé permet ainsi d’ouvrir la discussion sur l’utilisation des différents types d’énergies. L’objectif n’est pas de faire un cours dédié à la transition énergétique et à l’environnement, mais plutôt de sensibiliser sur différentes thématiques. “C’est à moi, en tant qu’enseignante, de les inviter à réfléchir au sujet. C’est comme cela qu’ils construisent aussi leur citoyenneté”, précise Isabelle André.
Dès l’école, les enfants sont acteurs
Éteindre la lumière, ne pas laisser couler l’eau, ne pas gaspiller… La sensibilisation à la transition écologique passe aussi par des petits gestes du quotidien. Pour initier les enfants à des habitudes éco-responsables, Isabelle André a mis en place des fonctions originales dans sa classe : “un responsable de la lumière”, “un responsable de la plante verte”, “un responsable de la poubelle et du tri”. À tour de rôle, les enfants se partagent ces différentes fonctions qui permettent d’adopter les bons réflexes. Les élèves sont ensuite libres de les appliquer quand ils rentrent dans leur foyer ou à la cantine, qui a mis à disposition différentes poubelles pour faire le tri.
La commune et les associations : de front avec l’école
Pour former les éco-citoyens de demain, l’école est en étroite collaboration avec la ville de Clamart. C’est d’ailleurs une des missions du service éducatif de la mairie en relation avec les différentes écoles de la commune. Ensemble, ils organisent des projets communs pour sensibiliser les enfants aux enjeux environnementaux. Le projet “un élève – un arbre” permet à chaque élève du troisième cycle de la commune de planter une pousse d’arbre dans la forêt de Meudon. En plus de la mairie, l’école peut aussi compter sur un autre acteur important : les associations. Isabelle André prend pour exemple l’un de ses collègues. En effet, son homologue a décidé de mener un projet en partenariat avec l’association Batribox. L’objectif est de demander aux élèves de récupérer les piles usagées. Elles sont ensuite recyclées. Les profits générés sont quant à eux reversés à des d’œuvres caritatives. En menant cette action, la classe apprend ainsi le principe du recyclage en même temps que celui de la solidarité.
L’éco-responsabilité à l’école : une révolution en cours
Isabelle André note l’évolution importante de l’enseignement en termes de transition écologique. “On est dans une bonne voie. Au vu du contexte mondial concernant l’écologie, il est important de pouvoir sensibiliser et éduquer les citoyens de demain dans leur manière d’agir”, explique-t-elle. Cependant, le chemin vers les objectifs 2030 n’est pas encore terminé. Ces derniers passent notamment par une formation des enseignants, d’ici 2027, aux enjeux sur la transition écologique. Pour l’instant, Isabelle André n’a pas pu bénéficier de cette formation et a dû “s’auto-former” sur les thématiques environnementales du programme. En outre, les facteurs du temps et de l’argent posent problème. L’enseignante explique : “ça a un coût et les emplois du temps ne sont pas à rallonge non plus”.
Estelle BRUN – 04 février 2025
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