
Les portes de la Ferme de Paris © Iris Ransford
Paris possède un grand nombre de qualificatifs mélioratifs : ville de l’amour, ville de la mode, ville lumière. Mais est-elle une ville écoresponsable ?
Il y a un an, le 10 janvier 2024, 200 signataires de la charte ami·es de la Charte” pour un journalisme à la hauteur de l’urgence écologique se sont réunis pour discuter des enjeux. La charte, créée en septembre 2022, compte aujourd’hui plus de 1500 signataires. Cette semaine, Martin Fourcade, biathlète français, a renoncé à la présidence du comité d’organisation des Jeux d’hiver en France pour des préoccupations écologiques. « Mon ambition pour ces Jeux est claire : ils doivent être en phase avec leur époque, pleinement conscients des enjeux écologiques et ancrés dans la réalité économique de notre pays. Cette vision n’est pas partagée par tous les acteurs de ce dossier et je le regrette. Je ne peux me résoudre à sacrifier mes convictions. Dans ces conditions, j’ai pris la difficile décision de me retirer des discussions autour de la présidence des Jeux d’hiver de 2030. J’espère le plus sincèrement du monde que ce choix puisse permettre à ce projet d’enfin trouver l’élan et le leadership qu’il mérite. »
Paris aussi est aussi à la course avec ces préoccupations, entre ses écoquartiers, ses restaurants et commerces de bouche d’alimentation biologique ou d’agriculture responsable. Des associations à but non-lucratif insufflent également une motivation encore plus forte, et sans objectif commercial, dans toute l’Île-de-France.
Qui sont les nouveaux éco-responsables de l’Île-de-France, et quelles sont leurs actions ?
Une ferme dans la ville
Imaginez une ville lumière qui brille encore plus en réduisant ses lumières (vitrines, électricités diverses) pour offrir un espace à la nature en milieu urbain.
5 hectares gérés dans le respect de l’environnement en région parisienne, c’est la promesse de la Ferme de Paris.
Lorsque l’on arrive devant les grilles qui préservent la sérénité de la Ferme de Paris, la première chose qu’on remarque est un panneau vert, semblable à ceux présents devant les parcs et jardins parisiens. Mais celui-ci est celui d’un parc différent et plus spacieux, une ferme, une ferme dans la ville. Elle est contée comme « un lieu de ressources et de sensibilisation à l’alimentation durable et à l’agriculture urbaine ».
Alban Leduc, journaliste Biodiversité et rédacteur en chef à La Corneille, l’affirme, il « ne connaît pas la ferme de Paris ». Avec 35 000 visiteurs grand public, 2 169 participants pour 163 activités organisées à la Ferme et hors les murs et près d’une soixantaine d’animaux (chèvres, brebis, poules, canards, oies, lapins), ce lieu mérite d’être davantage connu. Notamment pour accroître le rayonnement écologique de la capitale française et motiver les citoyens à agir. Le « visage » des personnes qui y travaillent ? (Majoritairement) De nouveaux quarantaines, voulant eux-même transmettre cet entrain écologique à de nouvelles générations grâce à des ateliers destinés aux enfants et écoliers.
Banlieue, même constat, même climat
“Quand on vient de milieux «illégitimes», surtout sur les questions écologiques, il y a cette nécessité de créer notre propre espace, d’assurer notre propre écosystème. De cette manière, on tire notre légitimité de cette formation certifiante.” Féris Barkat, 21 ans, dans une interview signée par Libération.
Banlieues Climat, co-fondée par Féris Barkat avec Sanaa Saitouli, Abdelaali El Badaoui et Sefyu, est une association visant à sensibiliser les jeunes au climat et à l’écologie.
La “défense du bien commun”, l’écoute et l’espoir d’un avenir meilleur sont les trois piliers de cette association à but non lucrative.
Banlieues Climat organise des ateliers de sensibilisation et de vulgarisation autour de la question climatique. L’objectif de cette association est “ de transmettre les connaissances nécessaires sur les enjeux climatiques (l’énergie, l’impact sanitaire, géopolitique, démographie, la question des métaux rares…) afin d’inspirer les jeunes et de les fédérer autour de la transformation sociale et écologique.”
Le but est de motiver les populations des quartiers populaires sur les questions environnementales et climatiques, faire émerger leurs voix et des projets locaux dans le débat public afin de développer leur pouvoir d’agir.
Les jeunes générations , issues de tous horizons, sont le visage des nouveaux écoresponsables de l’Île-de-France.
Iris Ransford


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