La baisse du budget alloué au sport par l’État inquiète les fédérations, les clubs et les athlètes. Après l’engouement des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, le gouvernement serre la vis, mettant en péril le développement du sport en France. Moins de subventions, des infrastructures en danger, des disciplines fragilisées : les conséquences risquent d’être lourdes, notamment pour le sport amateur et le handisport. Dans ce contexte, certaines disciplines comme le cécifoot pourraient voir leur progression brutalement freinée. Quelles seront les répercussions concrètes pour les acteurs du sport français ?
Le projet de loi de finances 2025 prévoit une réduction notable de moins 25% du budget dédié au sport. Selon le ministère des Sports, cette baisse s’explique principalement par la fin des dépenses exceptionnelles liées aux Jeux de 2024. Gil Avérous, ancien ministre du sport avant Marie Barsacq a tenté de faire passer une loi réduisant le budget alloué au sport de 33%. Au-delà de ces ajustements, le budget des sports hors Jeux diminuerai de 115 millions d’euros, affectant divers programmes et infrastructures.
Cette contraction budgétaire inquiète les acteurs du secteur. Un sondage réalisé par Flashs pour France Judo révèle que 75% des Français s’opposent à cette réduction, craignant notamment une augmentation du coût de la pratique sportive et la fermeture de clubs faute de ressources. Les conséquences potentielles sont multiples : dégradation des infrastructures, baisse de la qualité de l’encadrement et diminution de l’accessibilité financière au sport. Ces effets pourraient compromettre les efforts déployés pour promouvoir l’activité physique et encourager la population à adopter un mode de vie sain.
Le handisport en première ligne des préoccupations
« La réduction des subventions publiques met en péril des dizaines de clubs de handisport à travers la France. C’est un coup dur pour la communauté sportive handicapée, qui a déjà surmonté tant d’obstacles pour s’imposer sur la scène nationale. » Nous dis Gaël Rivière, President de la fédération française handisport. Le handisport, qui regroupe les disciplines adaptées aux personnes en situation de handicap, est particulièrement vulnérable face à cette baisse de financement. La Fédération Française Handisport, avec un budget d’environ 10 millions d’euros pour près de 25 000 licenciés, dépend fortement des subventions publiques pour assurer ses missions.

Une réduction des crédits pourrait entraîner une diminution du nombre de compétitions, une baisse de la qualité des formations pour les encadrants et une limitation des actions de sensibilisation. Ces restrictions risquent de freiner le développement du handisport en France et de réduire les opportunités pour les athlètes en situation de handicap.
Dans une tribune publiée dans L’Équipe, 425 athlètes ayant participé aux Jeux de Paris 2024 expriment leur inquiétude face à ces « coupes drastiques qui seront lourdes de conséquences ». Ils soulignent que le sport est un « levier puissant pour l’éducation, la santé, le lien social et le bien-être physique et psychique ».
Le cécifoot : un avenir incertain
Le cécifoot, adaptation du football pour les personnes déficientes visuelles, est une discipline emblématique du handisport. Ce sport, joué par des équipes composées de cinq joueurs dont quatre sont non-voyants ou malvoyants et un gardien voyant, nécessite des moyens particuliers pour l’organisation des tournois, la formation des coachs, ainsi que l’acquisition d’équipement approprié.
Une réduction du budget risque d’entraver l’évolution du cécifoot en France. Il se pourrait que les clubs aient du mal à financer leurs activités, ce qui restreindrait l’accès à ce sport pour un grand nombre d’athlètes ayant une déficience visuelle. Par ailleurs, la réduction des subventions pourrait avoir un impact sur la présence de l’équipe nationale dans les compétitions internationales, entravant par conséquent la diffusion du cécifoot à l’échelle mondiale.

Le CNOSF (Comité national olympique et sportif français) lance un appel à « maintenir le budget sport », mettant en évidence que la diminution des ressources met en péril la possibilité pour les clubs d’accueillir de nouveaux adhérents suite aux triomphes des Jeux.
Pour conclure, la réduction du budget destiné au sport par l’État français entraîne des préoccupations légitimes. Les impacts potentiels sur le sport pour handicapés et le football à l’aveugle soulèvent des inquiétudes particulières, mettant en péril les progrès accomplis dans le domaine de l’inclusion et de la valorisation de l’activité physique pour chacun. Il est crucial que les responsables politiques considèrent ces problématiques afin d’assurer un futur durable au sport français.
Benjamin Da Silva

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