Capitale verte en 2013, Nantes continue de s’engager pour l’écologie avec des actions
concrètes : mobilités douces, renaturation urbaine, lutte contre le gaspillage… Quels résultats pour la ville et ses habitants ?

« Ma responsabilité est de protéger les habitants, de mener la bifurcation écologique,
d’inventer de nouvelles voies », affirmait Johanna Rolland, maire de Nantes, lors de ses vœux pour 2024. À Nantes, l’écologie n’est plus une simple idée, c’est une réalité qui transforme peu à peu la ville. Depuis son titre de Capitale verte de l’Europe en 2013, la métropole a multiplié les initiatives pour limiter son impact environnemental. Réduction de la pollution, mobilités douces, soutien aux entreprises responsables : ces efforts font de Nantes une référence en matière de développement durable. Mais ces engagements suffisent-ils ? Quels sont leurs impacts concrets sur la vie des Nantais ?
Une ville engagée pour l’environnement
Depuis plusieurs années, la municipalité place l’écologie au cœur de ses décisions. L’un des projets majeurs est la renaturation des espaces urbains. Nantes prévoit de transformer huit hectares de bitume en zones vertes d’ici 2026. « 2500 mètres carrés de parking seront
débitumés et dès le printemps 2025, les familles pourront profiter de cet espace de verdure qui préfigurera le futur jardin », souligne Johanna Rolland. « On voit de plus en plus de parcs et d’arbres en ville, ça change l’ambiance et ça rafraîchit en été », témoigne Louise, une habitante du centre-ville.

Autre priorité : la mobilité. Nantes Métropole investit massivement dans les transports en
commun. Le réseau de tramway continue de s’étendre et les bus électriques remplacent
progressivement les modèles diesel. En parallèle, les mobilités douces sont encouragées : la ville compte plus de 470 km de pistes cyclables et a déployé une flotte de vélos en libre-
service. Depuis janvier 2023, Nantes a aussi instauré une Zone à Faibles Émissions (ZFE), interdisant les véhicules les plus polluants dans certains quartiers. Nantes Métropole
souhaite faire de Nantes une ville où l’on peut se déplacer sans polluer. La ville incite à une consommation plus responsable. Des marchés de producteurs locaux se développent et de nombreuses initiatives anti-gaspillage voient le jour, grâce à de nouvelles startups engagées comme Phoenix ou Zéro Gâchis. Ces applications permettent de récupérer
les produits approchant de leur date de péremption et invendus à moindre coûts.
L’impact sur les citoyens et les entreprises
Les Nantais sont nombreux à soutenir cette transition écologique. Les initiatives citoyennes se multiplient, avec le soutien d’associations comme Écopôle, qui promeut des actions concrètes : compostage, recyclage, circuits courts… « Grâce aux ateliers proposés, j’ai appris à mieux trier mes déchets et à réduire mon gaspillage alimentaire », confie Alexis, membre de l’association. Mais les efforts ne concernent pas seulement les habitants. Les entreprises locales sont invitées à adopter une démarche plus responsable. Nantes Métropole et la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Nantes Saint-Nazaire accompagne les entreprises vers des pratiques plus durables, en accord avec les principes de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). « Nous aidons les entreprises à réduire leur impact écologique tout en restant compétitives », explique Philéas Pertant, chargé de projet RSE à Nantes Métropole.
« Cela englobe la réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’adaptation aux
changements climatiques et la préservation des écosystèmes. » Certaines entreprises font figure d’exemple, comme La Cité des Congrès de Nantes, qui a adopté une politique éco-responsable stricte : gestion optimisée de l’énergie, suppression des plastiques à usage unique et tri rigoureux des déchets.
Un avenir plein de défis
Malgré un engagement croissant pour la Responsabilité sociétale des entreprises à Nantes, son adoption reste inégale, notamment parmi les PME. De nombreuses entreprises hésitent à franchir le pas en raison de contraintes budgétaires, de manque de temps ou d’une mauvaise perception des avantages à long terme. « Certaines entreprises voient la RSE comme une contrainte plutôt qu’une opportunité », explique Philéas Pertant. Selon lui, il est essentiel d’accompagner les entreprises dans cette transition en leur montrant que la RSE n’est pas seulement un impératif écologique, mais aussi une véritable opportunité de développement économique et durable.

Pour l’avenir, la ville mise sur d’autres projets ambitieux. D’ici 2031, la Prairie de Mauves
(située à l’entrée du périphérique est) accueillera un pôle d’écologie urbaine. Il combinera un centre de traitement et de valorisation des déchets, une déchèterie modernisée et une
plateforme de compostage. Nantes continue d’investir dans les énergies renouvelables, avec un objectif clair : atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

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