Formes futuristes, toit transparent… Il y a quelques décennies, on imaginait les maisons du futur comme tout droit sorties d’un film de science-fiction. Mais à cette époque les préoccupations climatiques et écologiques n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Maintenant, la maison de demain doit répondre à un enjeu crucial : limiter notre impact environnemental.

Tandis que les villes se transforment pour intégrer davantage d’éco-responsabilité, l’habitat du futur suit la même logique en adoptant des innovations énergétiques pour limiter notre impact environnemental.
Avec les nouvelles constructions et les évolutions de l’immobilier, le gouvernement français a affirmé son ambition de « lutter contre le changement climatique, soutenir le pouvoir d’achat et améliorer la qualité de vie des Français » (Ministère de la Transition écologique). En France, le bâtiment est le deuxième secteur le plus émetteur de gaz à effet de serre. A lui seul, le secteur du bâtiment représente 27% des émissions de CO2 en France.
Des habitations passives en énergie
L’une des principales préoccupations concerne les bâtiments, qui consomment énormément de chauffage et sont souvent mal isolés. D’après le ministère de la Transition écologique, sur les 30 millions de résidences principales recensées en France au 1er janvier 2022, environ 5,2 millions de logements, soit 17 % du parc, sont considérés comme des « passoires énergétiques ».
Les maisons passives sont des logements ultra-performants qui consomment très peu d’énergie. Isolation thermique, exposition solaire et système de ventilation, tout est pensé pour optimiser l’énergie dépensée. Ces habitations peuvent fonctionner sans chauffage. Mais leur coût de construction est environ 20 % plus élevé qu’une maison classique. Ce surcoût est rapidement compensé par des factures d’énergie basses.

Des matériaux bien pensés
Dans cette dynamique d’innovation, la start-up Demrea, implantée à Châteauroux, propose une nouvelle solution : des maisons écologiques en kit à assembler soi-même en seulement cinq jours. Fondée par Issa Dia et Thomas Bastin, l’entreprise mise sur des matériaux biosourcés comme l’acier recyclé, le chanvre et le bois.
« C’est un système constructif innovant de bâtiments bas carbone qui ne génère aucun déchet en construction et en déconstruction », explique Issa Dia, économiste de la construction à nos confrères de la Nouvelle République. Grâce à des panneaux prêts à l’emploi, les maisons peuvent être montées sans compétence particulière, offrant une alternative accessible et rapide pour un habitat durable.
Recycler et réutiliser
Au-delà de leur construction, la fin de vie des habitations est également un enjeu majeur. Les bâtiments détruits génèrent aujourd’hui d’importants déchets. De plus en plus d’approches font surface pour limiter cet impact. Le concept de démolition sélective, qui consiste à récupérer et réutiliser les matériaux (bois, acier, béton concassé) dans de nouveaux projets, se développe de plus en plus.
Certains architectes explorent même des maisons entièrement démontables, conçues avec des matériaux modulaires pouvant être récupérés et réassemblés ailleurs. Cela permettrait de réduire considérablement les déchets et d’optimiser les ressources utilisées dans le bâtiment.

Par exemple, le chantier de la destruction du pont de Gaulle à Reims a été suivi d’un recyclage massif des 20 000 tonnes de gravats. Gary Loup, responsable de la plateforme de recyclage des Recyclés du Fort, explique à France Bleu que « Sur les 20 000 tonnes, on a ressorti environ 19 800 tonnes. C’est du recyclage optimal. » Ces matériaux ont ensuite été réutilisés sur d’autres chantiers de la région, contribuant à une gestion durable des déchets de construction.
Vers une nouvelle manière d’habiter
Le logement du futur ne se contente pas d’être juste écologique et/ou performant. Dans cette optique de transition écologique, le projet « Biosphère » mené par Corentin de Chatelperron et Caroline Pultz s’inscrit comme une initiative phare. Ces deux ingénieurs ont d’abord expérimenté un mode de vie autonome et durable en Thaïlande et dans le désert mexicain, ils ont vécu quatre mois dans la première biosphère urbaine de France, située à Boulogne-Billancourt. Cette initiative vise à concevoir un mode de vie aligné avec les objectifs 2050 de l’ONU, en divisant par dix la consommation d’eau et en réduisant drastiquement la production de déchets. Installée dans une ancienne crèche transformée en laboratoire de vie durable de 25 m², cette expérience en open source permettra d’explorer les meilleures pratiques low-tech pour un habitat résilient.
En partenariat avec la maison de la planète, un programme de sciences participatives a également été lancé pour permettre aux citoyens de tester, chez eux, des solutions innovantes telles que l’élevage de grillons, la culture de pleurotes ou encore les toilettes vivantes. Cette approche collaborative et expérimentale pourrait préfigurer les habitats écologiques de demain.
Nos maisons du futur se réinventent pour être plus durables, autonomes et respectueuses de l’environnement. Innovations technologiques, matériaux biosourcés et nouvelles manières de penser l’habitat, ces solutions se multiplient pour réduire notre empreinte carbone.

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