
Entrée de Paris, zone à faibles émissions. Photo © Raphaëlle Claisse
Paris a franchi une nouvelle étape dans sa lutte contre la pollution atmosphérique en élargissant les restrictions dans sa Zone à Faibles Émissions (ZFE). Depuis le 1er janvier 2025, les véhicules affichant un certificat Crit’Air 3 ou supérieur ne sont plus les bienvenus dans la ZFE du Gr Paris, englobant désormais 77 communes autour de la capitale.
La maire Anne Hidalgo a défendu cette initiative, soulignant l’impact positif sur la santé publique. « Nous affrontons une urgence sanitaire avec la pollution« , a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. « Chaque année, la pollution de l’air raccourcit des milliers de vies. Ces mesures sont une nécessité pour notre bien-être collectif. » Selon Hidalgo, cette politique vise non seulement à nettoyer l’air de la capitale, mais aussi à encourager de nouvelles pratiques de mobilité, comme l’usage du vélo ou des transports en commun, récemment modernisés. L’amélioration de la qualité de l’air est attendue pour réduire les maladies respiratoires et cardio-vasculaires, offrant ainsi à la population une meilleure qualité de vie.
L’initiative contribue également à un environnement urbain plus agréable, rendant Paris non seulement plus sain mais aussi plus attrayant pour résidents et touristes. En outre, cette politique stimule l’innovation dans l’industrie automobile, poussant vers des technologies de transport plus propres et durables. Enfin, en adoptant ces mesures, Paris renforce son image sur la scène internationale comme une ville pionnière dans la transition vers un avenir écologique, ce qui pourrait attirer davantage d’investissements et de talents dans le domaine de l’innovation verte. Un membre de l’association Respire se réjouit de ces mesures : « Par jour, à Paris, deux millions de véhicules, voiture, deux roues, camions circulent dans les rues. Le résultats, c’est que la pollution émise tue prématurément 2500 parisiens par an. Nous ne voulons pas nous y résoudre. Les crit’air ne feront pas tout, mais c’est un bon début. Maintenant il faut le courage politique d’aller plus loin pour être à la hauteur du défi climatique ! «
Élus et automobilistes, tous ne sont pas conquis
De nombreux élus nationaux s’opposent à cette nouvelle norme, appliquée à Paris et s’étendant à de nombreuses métropoles. Pierre Meurin, député RN du Gard confie : « Il s’agit d’une mesure d’écologie punitive contre les Français les plus modestes. C’est un caprice de bobos parisiens déracinés. Vous ne pouvez pas demander à des Français qui ont du mal à remplir leur charriot de course, de changer leur véhicule parce que le leur, bien que fonctionnant, ne remplit pas les conditions nécessaires. »
L’opposition se fait également entendre par des organisations comme la Ligue des conducteurs, qui affirme que 1,8 million de véhicules seraient directement affectés par ces restrictions, un chiffre qui monte à 13,8 millions selon la plateforme Riposte juridique. Cette dernière, créée par les avocats parisiens Séverine Manna et Rémy Philippot, prépare une action de justice collective contre ces dispositifs qu’ils jugent injustes et inadaptés. Leur objectif est de contester devant les tribunaux la légalité des 30 ZFE actuellement actives en France métropolitaine. Pour y parvenir, ils comptent mobiliser un maximum d’automobilistes touchés afin de déposer des recours en justice contre ces restrictions. L’un des membres de cette association nous répond : « C’est une mesure qui n’a pas lieu d’être sinon de pénaliser les plus modestes, au profit des plus riches qui pourront changer de véhicules au rythme des normes imposées. Nous nous y opposons clairement, parce que ces
Les opposants à la politique de la ZFE soulignent que sans un appui financier significatif, cette mesure pourrait être perçue comme punitive pour ceux qui dépendent de leur voiture pour des raisons professionnelles ou d’accès aux services de base. Ils demandent à la Mairie de Paris de fournir plus de soutien pour ceux qui ne peuvent pas se permettre de changer de véhicule. L’absence de solutions de mobilité adaptées aux horaires décalés, comme ceux des travailleurs de nuit, est également un point de friction.
Une mesure nécessitant quelques ajustements
En réponse aux critiques, la Mairie de Paris a mis en place des dérogations spécifiques et de passes annuels pour certains véhicules, ainsi qu’un soutien à la transition vers des moyens de transport plus écologiques. Cependant, l’opposition insiste sur la nécessité d’une aide financière plus substantielle et de meilleures options de transport public pour tous.
La ZFE parisienne est saluée comme un progrès pour l’environnement et la santé publique, mais elle met également en lumière les défis de l’équité sociale. Paris, et d’autres villes, devront continuer à chercher un équilibre entre la protection de l’environnement et l’inclusion sociale dans les années à venir, en s’assurant que le chemin vers un air plus pur ne laisse personne derrière.
Raphaëlle Claisse

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