Depuis le 10 octobre 2024, la vitesse sur le boulevard périphérique de Paris est limitée à 50 km/h. Quatre mois après la mise en place de cette mesure controversée, quel est son impact sur l’environnement et la vie des usagers ?

Le périphérique parisien. Photo © Félix Perollaz
À la sortie du périphérique Porte de Vincennes, Jean-Marc, cadre supérieur, exprime sa frustration : « Cette limitation à 50 km/h est une aberration. Elle rallonge mon temps de trajet et je ne suis pas convaincu de son utilité. » Christophe, livreur en région parisienne, fait part de ses difficultés : « Je perds en moyenne 20 minutes par jour à cause de cette limitation. Quand on a une tournée serrée à respecter, c’est un vrai problème. Mais je comprends que pour les riverains, ce soit un soulagement. »
À l’inverse, Sophie, documentaliste, estime que « rouler moins vite rend la conduite plus sereine et les routes semblent plus sûres ».
Une réduction notable du bruit
Pour ces trois automobilistes, à la question « Pensez-vous que la limitation à 50km/h permet de diminuer le bruit ? », ils sont unanimes « Non, ça ne change rien ».
Pourtant, selon les données publiées par la Ville de Paris, la baisse de la limitation de vitesse a entraîné une diminution significative du bruit nocturne. Par exemple, entre le 30 septembre et le 4 octobre 2024, une réduction de 2,6 dB(A) a été observée par rapport à la même période en 2023. Cette tendance s’est poursuivie les semaines suivantes, avec des baisses allant jusqu’à 5,9 dB(A)
Si ce n’est pas le cas pour les automobilistes, les riverains, eux, affirment que cette diminution est perceptible. Marie, habitante de Malakoff résidant à proximité du périphérique, témoigne : « Depuis la réduction de la vitesse, j’ai remarqué une nette amélioration. Et je sais de quoi je parle ! Mon appartement est mal isolé, mais le bruit est moins présent, surtout la nuit, où je pouvais être réveillé en plein milieu. »
Un impact mitigé sur la pollution de l’air
Concernant la qualité de l’air, les résultats sont plus nuancés. Les concentrations de dioxyde d’azote (NO₂) et de particules fines (PM₁₀) ont fluctué au cours des semaines suivant la mise en place de la mesure. Par exemple, du 7 au 11 octobre 2024, une concentration de 47 µg/m³ de NO₂ a été relevée, tandis que du 14 au 18 octobre, cette concentration est descendue à 42 µg/m³. Mais ces variations peuvent être influencées par divers facteurs, notamment les conditions météorologiques.
Des associations vent debout
Outre les témoignages de Sophie et Jean-Marc, une association était vent debout lors de l’instauration de la mesure. Avec un bilan mitigé sur la diminution de la population, la Ligue de Défense des Conducteurs, qui avait publié une tribune intitulée « Ensemble et devant les tribunaux, disons NON au périphérique de Paris à 50 km/h ! », maintient sa position. Un adhérant exprime son désarroi : « Nous continuons de penser que cette mesure pénalise les automobilistes sans apporter de bénéfices environnementaux significatifs. »
Lors de ses vœux annuels, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a récemment affirmé : « En 2025, nous allons accélérer. Paris continuera sa transformation écologique. » Dans cette optique, une nouvelle étape est prévue dès le 3 mars 2025, avec la pérennisation de la voie olympique sur le boulevard périphérique. Cette voie de gauche sera réservée aux véhicules transportant au moins deux personnes, aux taxis, aux bus et aux véhicules d’urgence. Elle permettra « de résorber la congestion automobile, de réduire les nuisances sonores, d’améliorer la qualité de l’air et, pour l’usager, de réduire la consommation de carburant », selon le communiqué de la mairie.
Félix Perrollaz

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