Thomas Martin en Italie lors de son documentaire Youtube « 7 jours en montagne pour trouver des loups et des ours » © Écotalk

Rencontre avec Thomas Martin, l’une des voix les plus influentes en matière d’environnement sur les réseaux sociaux. Ce militant et fervent défenseur de la nature partage son combat quotidien à travers une plateforme qui ne cesse de grandir en popularité : Ecotalk. 

« Citoyen du monde », c’est comme cela que Thomas Martin aime se décrire. Il tente à son échelle et avec ses moyens de changer les choses en matière environnementale. Et le pari semble relevé. En seulement deux ans, l’influence d’ « Ecotalk » n’est pas négligeable : co-fondé avec sa copine, leur compte Instagram se dresse comme une des références écologiques à suivre avec pas moins de 290 000 abonnés.

D’origine lilloise, c’est à Paris que Thomas nous a libéré de son temps précieux. Le jeune homme est de passage à la capitale pour la sortie en salle de son dernier documentaire « Le dernier territoire du Lynx ». Submergé par les derniers préparatifs, il nous a donné rendez-vous dans un café du 13ème arrondissement, l’Écobar. Sans grande surprise, le lieu se veut écologique, solidaire et végétarien. Autant de caractéristiques résument bien Thomas : « Ce café est mon repère à la capitale. Dès que j’ai besoin de me ressourcer et m’éloigner de la frénésie parisienne, je viens ici » confie-t-il le regard sautillant sur tout ce qui l’entoure. Se triturant les doigts comme stressé avant un oral, le jeune homme de 25 ans a tout gardé de l’allure d’un adolescent : des cheveux blonds en bataille, sans doute intactes depuis le levé du lit, un tee-shirt noir troué choisi au hasard, des chaussettes mal assorties et des jambes remuants dans tous les sens. Mais il ne faut pas se fier à son apparence, Thomas tente avec une humilité débordante de réaliser de grandes choses.

Les prémices d’un engagement

Thomas fait parti de ceux qui s’engagent et le clament haut et fort. Depuis sa tendre enfance, son combat est une évidence : il tente de se dresser en tant que grand défenseur de l’environnement. Que ce soit en recueillant des oiseaux ou écureuils blessés dans son jardin à l’âge de 6 ans ou en manifestant contre la corrida aux côtés de ses parents durant son adolescence, l’amour du jeune homme pour la nature sommeille en lui depuis toujours. Comme il aime le dire avec un sourire franc et fier, il doit tout à l’éducation respectueuse de la faune et de la flore qu’il a reçu de sa famille : « Je suis chanceux car mes proches m’ont inculqués des valeurs de respect de tout ce qui m’entoure, que ce soit des autres, des animaux ou même des arbres. Ce sont autant de valeurs que je tente de transmettre aujourd’hui dans mon travail ».

Rapidement passionné de randonnée et de découverte, Thomas est habitué à côtoyer de près la nature : « Je m’y sens chez moi. Mon appartement à Lille me parait bien plus froid que la clairière d’une montagne ». Comme se moquant lui même de ce qu’il raconte, Thomas esquisse un rire et reprend de plus belle : « C’est peut-être cliché, mais la nature est ma véritable maison. J’ai eu ce déclic lors d’un weekend en Savoie il y a quelques années. Je me suis senti tellement ridicule et insignifiant face à la beauté et l’immensité des paysages qui m’entouraient. Nous, les hommes, nous ne sommes que de passage. La terre, elle, restera après nos départs… Je me suis aussi aperçue que sans l’empreinte de l’Homme, la nature s’embellie et reste forte et intacte. Quand on se rend compte de cela, ça fait clairement réfléchir ».

« Ma priorité dans le travail est de faire découvrir la beauté de notre planète aux personnes pour qu’ils aient envie de la protéger », Thomas

Grand rêveur, il espère secrètement que tous les problèmes peuvent avoir une solution. Enfant, il voulait déjà intégrer l’organisme WWF. En grandissant, il conserve cette totale dévotion : son souhait le plus cher était de travailler dans une grande boîte afin de développer la responsabilité sociétale des entreprises. Bien qu’idéaliste, Thomas est rapidement confronté aux vices de notre société mais surtout du greenwashing : « Beaucoup d’entreprises prétendent être verte mais la réalité est bien différente. J’ai vite déchanté en m’apercevant que tout est une question d’argent ». Alors, après 5 années d’études de commerce, il abandonne tout : « J’ai eu l’idée de créer un compte pour parler d’écologie lorsque j’ai vu que personne ne le faisait. Cela relevait de l’évidence, comme si mes échecs m’avaient conduit à ce moment précis ». Fondateur du réseau social « Ecotalk », Thomas fait aujourd’hui parti de ceux qui défendent la nature. Que ce soit par son végétarisme ou les multiples actions réalisées grâce à son compte, sa lutte se dessine au fur à mesure que le jeune homme évolue. Il le clame à qui veut bien l’entendre, son but est clair : élever l’écologie dans les débats publics.

Un réseau social comme engagement politique

Idéaliste et un brin envieux de construire un monde nouveau, Thomas assume ses désirs les yeux brillants : « C’est évident, « Ecotalk » est un compte engagé. Il me tient à cœur de partager mes valeurs et tenter, à mon échelle, de faire avancer les choses ». Sa jambe ne cesse de tressaillir, trahissant l’enthousiasme qu’il porte à cette cause. Pour cela, il réalise des vidéos sur l’actualité environnementale, dévoile des réels sur la nature ou encore comme dernièrement, appelle au vote contre certains partis politique: « La France a failli entrer dans une ère sombre avec la montée du RN. Il est clair que l’écologie aurait été une des grandes perdantes de leur montée au pouvoir, alors nous avons appelé à faire barrage ».

Se battre pour un monde vert ne semble pas toujours rose mais rien ne semble arrêter le militant : « Malheureusement, l’écologie est encore un sujet peu pris au sérieux par certains, voir inconnu pour d’autres. C’est la grande oubliée des médias et des politiques ». Thomas nous fixe avec ses gros yeux d’un bleu profond et poursuit : « Mais nous, nous sommes là avec les associations, parés à parler d’écologie. Et nous ne sommes pas prêts de nous arrêter ! ». Sans nul doute, la voix de Thomas continuera à faire du bruit.

Thifaine Thuillier-Pena

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