Avec 181 millions d’entrées l’année dernière, la fréquentation des cinémas dans l’hexagone atteint des scores inespérés depuis 2011. Des chiffres qui s’accompagnent d’un changement massif dans le monde du septième art avec l’adoption de nombreux gestes éco-responsables, aussi bien sur les lieux de tournage que dans les salles de projections.

 « Notre objectif ce n’est pas de faire culpabiliser les productions ou les salles de cinéma, mais plutôt de les accompagner vers l’intégration de démarches éco-responsables ». Vivien Plagnol est responsable des relations presse au Centre national du cinéma et de l’imagerie animée (CNC), il fait partie de ceux qui sont à l’initiative du Plan Action !. « C’est une idée que l’on a eu dans le cadre de notre démarche RSE », explique-t-il. Lancée en 2021, l’initiative avait pour but initial d’objectiver les répercussions des productions de films et séries françaises. « Alors, on a décidé de créer un observatoire de la transition écologique, pour étudier l’impact environnemental des salles de cinémas, des studios de tournages et d’effets spéciaux. » Car selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), l’industrie audiovisuelle française serait à l’origine de l’émission de 1,7 million de tonnes de CO2 par an.

Distributeurs et producteurs se mettent au vert

Cette transition écologique, certains professionnels du secteur « n’ont pas attendu le feu vert du CNC pour s’y mettre », confie Vivien Plagnol. Portée par la société de production et de distribution Haut et Court, une association nait en 2021, prône le bien mangé au cinéma. Local, végétarien, faible en sucre, en sel et en matière grasse, Mieux manger au ciné, s’engage auprès des consommateurs. « Une enquête de 60 millions de consommateurs de décembre 2022 révèle que 20 à 30% des Français consomment plus de 100 grammes de sucre par jour – soit deux fois plus que la recommandation de l’OMS » déclare l’association sur son site, « l’une des solutions est de se tourner vers des produits les moins transformés possibles, les mieux produits, (…) trouvés chez des producteurs minutieusement sélectionnés. » Contactée, Mieux manger au ciné n’a pas souhaité répondre à nos questions. Aujourd’hui, 134 signataires de la charte de l’association appliquent cette logique de consommation, parmi eux, les cinémas de l’Épée de bois et du Grand Action, à Paris.

« Aujourd’hui, le CNC s’engage, à travers diverses initiatives, dans le changement de comportement des futures générations du cinéma », reprend Vivien Plagnol, responsable des relations presse du Centre national du cinéma et de l’imagerie animée. « On propose des formations pour les étudiants de première année des écoles et facs de cinéma », et d’autres pour les exploitants de salles. « L’idée de la formatrice, c’est de proposé des solutions éco-responsables », car parmi le gaz à effet de serre émis par l’industrie du septième art, plus de 15% sont dus aux déplacements des spectateurs, constate le collectif Ecoprod dans une étude menée en 2021. « On essaye de faire comprendre aux distributeurs de promouvoir, à leur échelle, les transports en commun », de mettre en place des garages à vélo, ou encore « de diversifier leur offre de confiseries pour la rendre plus adaptée et locale ».

Des productions éco-responsables

Dans le cadre de son Plan Action ! le CNC oblige les productions demandant de subventions de leur fournir des bilans carbones.  « Un premier, prévisionnel et un dernier, définitif, appuie Vivien Plagnol. Il faut leur faire prendre conscience de leur impact écologique. » Séries, films et court-métrages y sont déjà contraint. Dès le 1er mars 2025, les films d’animation et les jeux vidéo devront eux aussi fournir leur bilan lors de leurs demandes de subventions.
« Même s’il n’y a pas encore de Bonus/Malus en fonction des empreintes carbone, cette initiative nous permet de structurer le secteur. »
Un objectif de sensibilisation qui permet une prise de conscience généralisée dans le septième art et porte déjà ses fruits. En 2022, pour la réalisation de son dernier film, Nicolas Vanier (Belle et Sebastien, Le dernier trappeur, Donne-moi des ailes) a choisi un tournage « sans recours direct aux énergies fossiles », affirme Bonne Pioche, la société de production du film. Décors naturelles, toilettes sèches, voitures électriques, gourdes, cantine locale et bio… Tout a été pensé pour respecter la nature, un éco-référent a même été désigné dans l’équipe de tournage.

Et après ?

« La suite logique c’est de créer un référentiel commun grâce aux données que nous avons reçues », reprend Vivien Plagnol. À termes, le CNC espère fournir un mode d’emploi à destination des sociétés de productions pour les encourager à s’engager dans des démarches éco-responsables. « Il y aurait des échelons progressifs en fonction des engagement pris par les équipes. Une démarche supplémentaire pour ceux qui veulent aller plus loin dans la production responsable. »

Cloé-Ava Meininger

Sources
Le cinéma français s’organise pour moins polluer
L’écoproduction ou quand le cinéma fait sa transition écologique
Entre contraintes et révolutions, le long chemin du cinéma français vers l’écologie

Title : Cinéma et écologie : l’industrie française se met au vert

Méta : Le cinéma français est à l’origine de l’émission de 1,7 million de tonnes de CO2 par an. Pour réduire cet impact, le CNC encourage la transition écologique.

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