Perçues comme peu polluantes, les entreprises du tertiaire doivent pour autant accélérer leur transition écologique. Entre tri des déchets, sobriété énergétique et réduction de l’empreinte carbone, les réglementations se multiplient. Un défi contraignant, mais aussi une opportunité pour renforcer leur engagement RSE.

Souvent considérées comme moins polluantes que l’industrie, les entreprises du tertiaire doivent pourtant prendre leur part dans la transition écologique. Depuis plusieurs années, des réglementations renforcent leur responsabilité environnementale, à l’image de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec). En vigueur depuis cinq ans, elle impose le tri obligatoire des déchets, l’interdiction de certains plastiques à usage unique et l’obligation de donner ou recycler les invendus, notamment dans la restauration et le commerce.
Limiter le gaspillage
« Cela fait maintenant quatre ans que nous avons mis en place un rayon anti-gaspillage, affirme Jérémy Labigne, directeur chez Auchan Retail à Franconville. Chaque jour, les collaborateurs sélectionnent les produits abîmés ou de proches de la date de péremption et les mettent en avant dans un espace dédié pour limiter le gaspillage alimentaire. « Nous avons considérablement réduit notre quantité de déchets grâce à la mise en place de ce système », se félicite-t-il. Un dispositif, encouragé par la loi Agec, qui répond également aux attentes des consommateurs. « Nos clients sont responsables du succès de cette organisation car ce sont eux qui consomment ces produits. Cela nous incite à aller plus loin dans notre démarche RSE », affirme Jérémy Labigne.
Un besoin de transparence
Pour les entreprises du secteur tertiaire, la transition écologique ne se limite pas à la réduction des déchets. De plus en plus, les donneurs d’ordres exigent de la transparence sur l’engagement responsable de leurs clients. Les entreprises du secteur doivent désormais prouver leur engagement en matière de durabilité. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, la directive CSRD impose à celles de plus de 250 salariés de publier un rapport détaillant leur empreinte carbone, leur consommation d’énergie et d’eau, ainsi que leurs actions en faveur de l’économie circulaire. À terme, toutes les entreprises seront concernées.
Pour les accompagner, des sociétés spécialisées dans la stratégie climat comme Orki existent. « Nous avons pour objectif d’aider les entreprises à accélérer leur transition vers un modèle durable tout en répondant aux réglementations et directives telles que la CSRD », affirme Guillaume Caulier, co-fondateur de la société. Pour cela, le spécialiste propose une offre hybride allant du simple outil en ligne, à l’accompagnement personnalisé. « Il est également important que les entreprises comprennent ce qui leur est demandé, insiste Guillaume Caulier. Nous avons à cœur de les aider à comprendre ces réglementations pour aller au-delà », poursuit le co-fondateur.
Vers des bâtiments plus sobres
Réduire la consommation énergétique des bâtiments tertiaires est un autre défi majeur. Le décret tertiaire, en vigueur depuis 2019, impose des objectifs : -40 % de consommation d’énergie d’ici 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050 par rapport à 2010. Cette obligation concerne tant les propriétaires que les locataires et encourage la rénovation énergétique des bureaux et commerces.
Pour les entreprises qui le peuvent, le télétravail s’impose comme une réponse à ces objectifs. Selon le premier bilan énergétique du télétravail, établi par l’Ademe et l’Institut français pour la performance du bâtiment (IFPEB), les gains d’énergie (chauffage, ventilation…) peuvent atteindre 20 à 30 % lorsque cette organisation s’accompagne de la fermetures des sites pendant au moins une journée. Les entreprises doivent, par ailleurs, déclarer chaque année leur consommation sur une plateforme dédiée.
Et le bilan carbone ?
La réalisation d’un bilan des émissions de gaz à effet de serre (Beges) est une obligation pour les entreprises de plus de 500 salariés depuis 2012. Tous les quatre ans, celles-ci doivent recenser leurs émissions directes et indirectes (consommation énergétique, déplacements, numérique…).
L’objectif étant d’ identifier les principaux postes d’émissions afin de mettre en place des actions de réduction. Orki accompagne les entreprises dans cette démarche. « Nous nous positionnons comme un partenaire auprès des entreprises pour calculer leur bilan carbone et piloter la réduction de leurs émissions », affirme Guillaume Caulier. Pour cela, le professionnel définit un plan d’action, en ligne avec les habitudes de consommation de son client pour réduire ses émissions et suivre l’évolution de ses actions. Le tout, dans cet objectif d’atteindre les objectifs réglementaires. « Ce type de prestation ne cesse de se développer car la demande est de plus en plus élevée en raison des nombreuses réglementations auxquelles nos clients sont soumis », remarque Guillaume Caulier. Les entreprises concernées peuvent également se tourner vers des outils, plus autonomes, comme les calculateurs en ligne.

Qu’en est-il du numérique ?
Le numérique, pour sa part, représente près de 4 % des émissions mondiales de CO₂ avec un impact en hausse, c’est ce que dévoile l’étude Ademe-Arcep. Pour y remédier, la loi REEN (Réduction de l’Empreinte Environnementale du Numérique), adoptée en 2021, impose aux entreprises de sensibiliser leurs employés aux bonnes pratiques numériques, de limiter le renouvellement du matériel et d’optimiser la consommation énergétique des serveurs.
« Remplacer ses équipements peut être coûteux, en argent comme en énergie. Il est essentiel que les entreprises évaluent leurs besoins réels », souligne Guillaume Caulier. Le partage des outils (imprimantes, ordinateurs…) permet de limiter le nombre d’équipements et donc de réduire l’empreinte numérique. Face à ces nombreuses obligations, les entreprises du tertiaire doivent repenser leurs pratiques pour s’adapter aux nouvelles réglementations. Mais cette transition ne se limite pas à une contrainte légale : elle représente aussi une opportunité de renforcer leur attractivité auprès de clients et partenaires de plus en plus exigeants en matière de responsabilité environnementale.
Loane Bouric
Title : Entreprises durables : quelles obligations pour le tertiaire ?
Meta : Tri des déchets, sobriété énergétique, réduction de l’empreinte carbone… À quelles obligations réglementaires environnementales sont soumises les entreprises du secteur tertiaire ?

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