Depuis quelques années, les villes françaises se réinventent pour accélérer leur transition écologique. Dans le Grand Est, trois villes figurent dans le Palmarès 2023 de l’Observatoire des villes vertes, créé par l’Unep : Strasbourg, Metz et Reims. Huitième du classement, la Cité des Sacres mise sur un programme, baptisé “Reims, la ville de demain”, pour transformer son paysage urbain.
La nature reprend peu à peu du terrain dans la ville de Reims. Sous l’impulsion du maire, Arnaud Robinet, la ville redessine son visage avec un projet municipal “Reims la ville de demain”. Les basses Promenades, aux abords du centre-ville, ont été réaménagées pour accueillir 763 arbres, offrant aux habitants un cadre plus agréable. Près de quatre Rémois sur cinq se disent satisfaits de leur qualité de vie.
“C’est beaucoup plus agréable aujourd’hui. Avant, la ville était bétonnée, sans âme. Maintenant, il y a de la verdure, des bancs et surtout moins de voitures dans le centre-ville”, témoigne Mariana, habitante de longue date.
Mais cette politique ne fait pas l’unanimité et suscite des inquiétudes, notamment parmi les commerçants du centre-ville. Beaucoup redoutent les conséquences des restrictions de circulation et de la diminution des places de stationnement sur leur activité. Pour eux, ces changements risquent de dissuader une partie de leur clientèle habituelle, qui se déplace principalement en voiture.
“C’est bien d’avoir des pistes cyclables, mais nos clients viennent en voiture. Ils ne vont pas transporter leurs achats à vélo”, regrette Alain, propriétaire d’un magasin rue de Vesle, qui craint une baisse de fréquentation et une répercussion directe sur son chiffre d’affaires.
Reims ne se contente pas de planter des arbres pour devenir plus verte. La ville s’attaque aussi à la question de l’énergie, avec un objectif clair : consommer moins et rendre l’électricité plus accessible. Chaque année, 4 352 MWh sont économisés, et la rénovation thermique des logements sociaux aide les familles les plus précaires à alléger leurs factures. La transition ne s’arrête pas là. Avec des épisodes de pluies de plus en plus intenses, la ville repense ses infrastructures. Plutôt que de multiplier les canalisations, elle mise sur des solutions plus naturelles. La chaussée réservoir de la rue Ruinart-de-Brimont en est un bon exemple : au lieu d’évacuer l’eau à tout prix, la ville privilégie des zones de rétention et des espaces végétalisés pour mieux absorber les crues.
Un engagement citoyen pour une ville plus verte
La municipalité encourage également les habitants à participer à cette transformation. Le programme “Cité Verte” incite les Rémois à végétaliser leurs façades et leurs espaces communs. L’initiative connaît un véritable succès : les demandes de subventions pour installer jardinières verticales et toitures végétalisées ne cessent d’augmenter.
“Nous finançons jusqu’à 50 % des coûts d’installation, et la demande explose”, explique Arnaud Robinet.
Les micro-forêts urbaines prennent racine en ville, avec une approche inspirée de la méthode japonaise Miyawaki. Ces petites forêts ne sont pas qu’un simple décor végétal : elles jouent un rôle clé dans la biodiversité, rafraîchissent l’air et améliorent sa qualité.
À Cormontreuil, près de Reims, la première micro-forêt a vu le jour en 2021, au parc Cocteau. L’objectif est de sensibiliser les jeunes générations à l’importance de la nature en ville. Depuis, d’autres initiatives ont suivi. Début 2025, à l’école élémentaire de Courcy, les élèves ont eux-mêmes mis les mains dans la terre pour planter de nouveaux arbres. Une mère d’élève se réjouit de cette démarche :
« Ces plantations ont un double effet : elles rafraîchissent la ville et sensibilisent les jeunes générations à l’environnement. »
Une mobilité au coeur de la transition écologique
Reims veut devenir une ville plus verte, et ça ne passe pas seulement par plus d’arbres ou une meilleure gestion de l’énergie. La mobilité est au cœur du défi : comment réduire la place de la voiture sans pénaliser les habitants ? La mairie mise sur des solutions concrètes, comme l’extension des pistes cyclables et l’arrivée de bus à hydrogène.
« Il ne s’agit pas seulement d’interdire la voiture, mais d’offrir de véritables alternatives« , insiste le maire Arnaud Robinet. L’idée est de faciliter les déplacements tout en limitant l’impact sur l’environnement et en fluidifiant le trafic en centre-ville. À travers ces initiatives, Reims espère non seulement réduire son empreinte carbone, mais aussi offrir un cadre de vie plus agréable à ses habitants.
Une ville en pleine transformation, portée par l’ambition d’un avenir plus durable : Reims ne se contente pas d’accumuler des projets, elle engage ses habitants dans cette transition écologique. Au-delà des chiffres et des initiatives, c’est un choix politique assumé qui façonne cette métamorphose. Reims veut s’imposer comme un modèle de ville verte, où chaque action construit la cité de demain.


Laisser un commentaire