Chaque année, en moyenne, trois Français sur quatre achètent un produit d’occasion. Ce choix s’explique par diverses raisons, notamment la quête de pièces uniques et la volonté de lutter contre la surconsommation. Depuis la pandémie de Covid-19, le marché de la seconde main connaît une croissance continue.
Acheter de la seconde main n’a rien de passager. Les plateformes sont la nouvelle génération des brocantes et des friperies que tout le monde connait. En 2013, seuls 30 % des Français affirmaient avoir vendu des produits d’occasion au cours des 12 derniers mois, alors qu’en 2024, ils étaient 52 %.
De nos jours, les plateformes incontournables comme Vinted, Leboncoin ou encore Back Market sont quasiment indispensables pour réduire sa surproduction. Selon Statista, plus de la moitié des acheteurs d’occasion français utilisent Vinted.
« Nous voulons que les biens de seconde main deviennent un premier choix », affirme le PDG de Vinted, Thomas Plantenga lors d’une interview en 2021.
Cette plateforme lituanienne compte plus de 80 millions d’utilisateurs. Une manière simple de revendre ses affaires et également d’en acheter. Dans la même démarche que Vinted, Vestiaire Collective.
Cette plateforme concerne davantage les produits de luxe et assure une certification des produits. Ces deux plateformes n’attirent pas la même catégorie sociale. La seconde main est donc ouverte à tous comparé à ce que l’on pourrait croire. C’est de là qu’une porte s’ouvre aux créateurs de contenus. La tendance des vides dressings de luxe à « prix bas » s’agrandit. Un moyen pour ces influenceurs de se débarrasser des anciennes collections de vêtements de luxe qu’ils ne portent plus et c’est le moyen de faire profiter ceux qui n’y ont pas les moyens de s’acheter du neuf ou encore essayent de limiter un maximum leur consommation.
Pour parler de la partie plus coûteuse, nous avons Back Market. Cette plateforme, qui a su reconquérir la confiance de ses acheteurs après de multiples problèmes techniques peu de temps après l’achat de leurs matériels informatiques, propose désormais des produits reconditionnés de qualité.
Il est difficile pour un acheteur de faire confiance à des produits informatiques. Cela n’a pas le même impact qu’un jean à 15 euros. Il s’agit là d’un vrai investissement. En 2024, le chiffre d’affaires de la plateforme a augmenté de 45%. Sans s’en rendre compte, il faut faire confiance à de parfaits inconnus lors de ses achats. Qu’est-ce qui plaît tant dans la seconde main ?
Une relation saine avec la seconde main
En ce qui concerne les plateformes, il est très facile de négocier le prix de certains produits. La plupart des articles recherchés sont des éléments de marque. Ils sont toujours moins chers et surtout, les vendeurs cherchent à se débarrasser de leur tas de vêtements assez rapidement. Un moyen efficace de trouver des pépites de marques à prix très bas. Le meilleur exemple est le jean Levi’s. Pour rappel, en boutique, un jean de cette marque tourne autour des 150 voire 200 euros. Sur Vinted, il est possible de trouver ce jean d’une collection précédente à 20 euros, donc dix fois moins cher. Les articles sont souvent des pièces uniques, vintage ou de collection.
Nous sommes dans une société de consommations, certes, mais qui cherche par tous les moyens à être originale. Le retour de la mode rétro des années 80 jusqu’aux années 2000 est un renouveau pour les friperies et pour les personnes de plus de 40 ans qui ne savaient plus quoi faire de leurs tenues d’adolescents. Une façon de trouver des pièces authentiques, de trouver son propre style en restant écoresponsable.
Margot, une jeune styliste, n’utilise que les plateformes de seconde main. À la recherche de pièces uniques, elle passe la moitié de son temps à shiner des tenues à petits prix dans les friperies.
« Pour moi c’est une question d’éthique, je voulais lutter contre la fast fashion à mon échelle. C’est aussi que la mode c’est une manière de s’exprimer et de me démarquer des autres. La fast fashion c’est accessible à tous, donc tu ne sors pas du lot. On sait tout ce qu’il se passe derrière la fast fashion et ce n’est pas un bon système donc ça me libère d’un poids juste en n’y participant pas » disait-elle.
La fast fashion est caractérisé par la production en masse de vêtements. Les marques adoptent des cycles de fabrication accélérés souvent en exploitant les travailleurs du textile dans des pays en développement. Une méthode qui pousse à acheter plus. « Ce qui est bien avec Vinted par exemple c’est que le vêtement que tu achètes est authentique, c’est comme un objet d’art, ce n’est pascomme un débardeur Zara. »
La seconde main s’impose bien plus que comme une simple tendance. Une lutte quotidienne contre la surconsommation pour certains et un besoin par manque de moyens pour d’autres, elle dépasse largement le stade de phénomène de mode. Cette méthode de consommation, souvent vue comme « sale », est désormais perçue comme une véritable réponse aux enjeux économiques et écologiques.
Il ne faut tout de même pas tomber dans la surconsommation de seconde main et inverser la tendance. Il est facile de tomber dans l’achat impulsif lorsque les achats sont à bas prix. À terme, la seconde main pourrait être la norme et plus une simple alternative.
Carla Aboudaya 5ISFJ ALT A


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