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Le géant des chaussures a su s’imposer sur le marché de la basket blanche au fil des années. Mais comment justifier cette popularité grandissante ? Pionnier de l’écoresponsabilité, VEJA a permis de rendre le style écolo  « à la mode ». Zoom sur cette firme qui est l’ennemi numéro 1 des marques de renom. 

Quand on mentionne la marque de chaussures VEJA, on pense directement à la production écologique et aux matériaux respectueux de l’environnement. Cette enseigne, qui s’est révélée comme étant la référence en matière de chaussure écoresponsable tendance, ne cesse de s’étendre sur le marché de la mode et de conquérir le cœur de milliers de personnes. Mais comment peut-on expliquer cette véritable success story

Depuis sa création en 2005, VEJA a enregistré une croissance des ventes allant de 50 à 60 % par an, à tel point qu’en 2023, plus de 4 millions de paires se sont vendues dans le monde contre 550 000 en 2017. D’après Sébastien Kopp, créateur de la marque, cette popularité s’explique par le style des chaussures et non pas par la façon dont ces dernières sont confectionnées. « Je pense que moins de 20 % de nos clients viennent pour notre circuit de production », explique-t-il pour Les Échos. Considérée comme une marque responsable et respectueuse de l’environnement, VEJA se démarque largement, surtout des groupes qui emploient la fast-fashion. 

V comme production verte

VEJA, c’est le style brut et authentique, sans artifice. Conçue à base de coton biologique brésilien et péruvien pour les toiles et de caoutchouc d’Amazonie pour les semelles, la marque a su largement se démarquer avec l’usage de matières premières écologiques. Ces baskets blanches, affublées d’un V coloré, connaissent une grande renommée grâce à leurs moyens de locomotion qui limitent les émissions de CO2 et à leurs usines 100 % électriques

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Lauriane Giordano, chargée de logistique aval chez VEJA Paris, estime que l’entreprise ne peut pas être plus « verte » en termes de transports. « VEJA favorise à 99 % le transport maritime et les 1 % restants sont aériens. », assure-t-elle. Pour mettre en avant leurs efforts écologiques, la marque ne s’adonne pas uniquement à la conception verte des chaussures. Elle fait en sorte de pousser l’éthique jusqu’au bout en incitant les employés à rendre leur quotidien plus green avec la proposition de moyens de transports plus propres comme le vélo électrique.

Les employés incités à réduire leur empreinte carbone

Pour appuyer cette notion d’écologie, les salariés sont aussi confrontés à un quotidien plus propre. Lauriane, salariée depuis un mois, se souvient que lors de son admission, il lui a été demandé de porter des chaussures VEJA. « Quand je suis arrivée, on m’a expliqué que je ne pouvais porter que des chaussures VEJA pour respecter l’éthique de l’entreprise. Cela permet de promouvoir la marque quand on reçoit des clients mais également de bannir toutes les chaussures de grandes marques qui ont une production très énergivore », précise-t-elle. 

Chaussures d’employés
Laura Willinger

Outre le style imposé, VEJA a mis les petits plats dans les grands et a fait en sorte d’instaurer un mode de vie durable et respectueux de l’environnement à tous ses salariés. Exit les bouteilles en plastique, la structure propose des gourdes afin d’éradiquer le plastique de leur quotidien. En termes de nourriture, elle bannit toute production alimentaire contenant des OGM ou impliquant une production néfaste pour la planète. Si vous êtes adepte de la viande il faudra vous abstenir car chez VEJA, la cantine ne propose presque que des repas végétariens. Les plats sont préparés quotidiennement avec des aliments bios et locaux afin de favoriser les circuits courts de production. Plus que des plats sains, ce sont des mets qui respectent le caractère éthique de la marque et qui incitent les employés à faire attention à leur consommation, même en dehors du travail. 

VEJA, anti-héros de la fast-fashion ?

Si la marque se veut écoresponsable en s’opposant fermement à la fast-fashion, certaines tendances pourraient être améliorées selon Lauriane. « VEJA sera réellement respectueux de l’environnement lorsqu’ils auront arrêté complètement le cuir », souligne l’employée. Si pour l’instant le cuir vegan est encore en phase de test parmi les quinzaines de modèles disponibles, il pourrait bien prendre le pas sur le cuir fait à partir de bovins provenant des régions du sud du Brésil et de l’Uruguay.

VEJA ne se sent aucunement concernée par la fast-fashion, comme le rapporte Le Monde. Que ce soit par sa manière de traiter ses employés ou par sa façon de produire, la marque revendique le respect du travail et de l’Homme et limite la surproduction grâce au principe du Make to Order. Jay Dee Lyne Soriano, cheffe d’équipe logistique chez VEJA, estime que l’enseigne ne peut pas être plus respectueuse qu’elle ne l’est déjà. « On est une entreprise qui fait attention à la nature et à l’Homme. Notre utilisation de matières premières est équitable et biologique, ce qui garantit une approche économique plus équitable à chaque étape de la chaîne de production », insiste-t-elle. Hormis cette conception responsable, la mise en place du service de réparation contribue à limiter le gaspillage des baskets usagées. Un principe qui pourrait bien être adapté par les grandes industries polluantes qui détiennent toujours le monopole des ventes. 

Laura WILLINGER

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