En 2019, alors qu’il est affecté par le réchauffement climatique, Kyllian est élu éco-délégué. Une initiative de l’Education Nationale pour sensibiliser les jeunes audéveloppement durable. Une véritable fabrique de nouveaux éco-responsables.
“Être éco-délégué, pour moi, c’était une vocation.” Lorsque Kyllian parle de ses années lycée, il y a dans sa voix une part de nostalgie : “C’était parmis les meilleures années de ma vie.” C’est au Plessis-Robinson, dans les Hauts-de-Seine, qu’il a étudié. A quelques centaines de mètres de son appartement, le long du Parc Henri Sellier, se dresse le lycée Montesquieu. “Un petit lycée de ville, on se connaissait tous.” Depuis son plus jeune âge, Kyllian est préoccupé par l’écologie. Très jeune, il s’intéresse à la biodiversité et à la protection des espaces verts de sa commune : “Je me sens si bien dans la nature, en forêt. J’ai toujours eu naturellement un affect par rapport aux problèmes écologiques”. Dans la cour de récréation, ses amis n’évoquent pas le sujet : “Il fallait que j’en parle pour que l’on ait des débats constructifs, pour que je puisse leur expliquer quelques petits gestes qui peuvent faire la différence.” Alors il n’en faut pas moins pour que Kyllian ressente un sentiment d’impuissance. Et c’est en septembre 2019, lors de la rentrée scolaire, que cela va changer. Le jeune homme entre alors en terminale. Son lycée est précurseur et il est membre des lycées-tests d’une nouvelle opération : les éco-délégués. Elle s’inscrit dans un grand programme de l’Education Nationale portant sur le développement durable. Le concept est simple : dans chaque classe, un représentant élu portera des projets éco- responsables pour faire vivre le lycée : “Je n’ai pas hésité une seconde, et d’ailleurs, tout le monde dans la classe savait que je me présenterais.” Un mois plus tard, il intègre le premier conseil des éco-délégués de l’histoire de son lycée. “Je rêvais d’un rôle de ce type depuis que j’étais au collège, j’avais même insisté auprès du directeur pour animer des ateliers sur le sujet. Enfin, j’allais pouvoir tenter de sensibiliser mes camarades à cette importante problématique.”
Des missions à son échelle mais au coeur des enjeux
En tant qu’éco-délégué, ses missions sont simples. Tous les mois, il participe à une grande réunion avec tous ses camarades élus : “L’objectif, c’était de discuter sur le sujet. Il y avait souvent des experts pour répondre à nos questions.” Ensemble, ils portent des projets pour la vie écologique du lycée et des étudiants. Kyllian présente son premier objectif : la mise en place d’un potager collectif dans l’arrière cours du bâtiment. “C’était très instructif, je devais présenter ce que cela allait changer. Mais aussi comment le lycée pouvait le réaliser, ce que ça allait coûter…” Malgré les réticences d’abord économiques de la direction, il ne lâche pas et s’accroche à son idée : “C’était une question de principe, maintenant que je le pouvais, je devait agir.” Et il obtient gain de cause : juste avant les vacances de Noël, sa proviseure accepte et la construction commence. Mais Kyllian ne s’arrête pas là. Le jeune homme prend son rôle très à cœur, notamment en termes de sensibilisation. “Trop peu de jeunes de mon âge s’intéressaient vraiment aux problématiques environnementales.” En accord avec son professeur principal, il dédie une heure toutes les deux semaines pour parler du réchauffement climatique. “C’était la première fois qu’on parlait de ces sujets, avec des chiffres, des exemples concrets, se souvient Bryan, l’un de ses camarades. Aujourd’hui, je fais plus attention et c’est grâce à lui.” L’opération éco-délégué, incarnée par des élèves dévoués comme Kyllian, est un véritable succès. A la rentrée 2020, elle est généralisée à l’ensemble des lycées français. Et devient une véritable fabrique de nouveaux éco- responsables.
Une sensibilité écologique renforcée
Aujourd’hui âgé de 22 ans, Kyllian reste marqué par cette expérience : “J’avais une sensibilité écologique, mais ça m’a clairement conforté dans l’idée de m’engager au quotidien.” Ce rôle de sensibilisation, il le tient auprès des jeunes qu’il encadre. L’entraineur de natation fait la promotion des bons gestes : “Quand on part en stage, j’insiste sur les gestes simples, les lumières et ne pas gaspiller sa nourriture.” Il tente aussi de mettre en avant des moyens de mobilité éco-responsables. Depuis l’été 2022, il partage ses itinéraires vélo dans Paris et autour de chez lui. Le jeune homme s’est également engagé pour la préservation de la biodiversité en montagne : “Cet été, je suis parti faire du bivouac en montagne. J’avais pour objectif de sensibiliser les marcheurs, et de ramasser tous les déchets que je pouvais croiser.” Être élu éco-délégué du Lycée Montesquieu au Plessis Robinson aura permis à Kyllian d’agir concrètement pour l’environnement. Un nouvel éco-responsable qui, à son tour, en formera d’autres.

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