La permaculture transcende l’agriculture durable pour devenir un mode de vie éthique fondé sur le respect de la nature et de la biodiversité, tout en privilégiant la reconnexion sociale. Face à une société éloignée de ses racines, cette méthode agricole s’illustre comme une nouvelle solution durable et éco responsable.

Laisser la nature reprendre ses droits, voici le credo de la permaculture. Théorisée dans les années 1970 par Bill Mollison et David Holmgren en Australie sur les bases d’un modèle développé par l’agriculture japonaise: Masanobu Fukuoka, cette forme d’agriculture s’inspire de la nature pour développer des systèmes agricoles en synergie, fondés sur la diversité des cultures, leur résilience et leur productivité naturelle.

Une agriculture écoresponsable et éthique

La permaculture s’illustre avant tout dans le système agricole, que chacun est libre de mettre en place à son échelle. C’est le cas d’un couple de permaculteurs meusiens, Laura et Matthieu Lanvin. Bien que l’activité principale de ce couple ne soit pas l’agriculture, cette auto-entrepreneuse et ce directeur d’édition pratiquent la permaculture à leur échelle. Ils expliquent que la permaculture est avant tout un retour aux bases fondamentales de la nature : “pour le jardin, on a recréé de la vie dans le sol en les amendant : en donnant à manger aux insectes du sol. Nous avons plusieurs plessis, où on applique la méthode de la culture en lasagne. C’est une technique qui consiste à déposer en alternant une couche carbonée, une couche de vert et une couche de compost, dans le but de recréer du sol.” L’idée est donc de rendre le sol de nouveau riche pour qu’il permette aux plantes et aux légumes de pousser. Le couple explique également que la permaculture consiste à laisser la nature reprendre ses droits et son cycle : “on laisse aussi des zones sauvages, en laissant pousser, afin de recréer un cycle naturel.”

Bien que la permaculture soit liée à l’agriculture, depuis les années 1980, elle devient une éthique et une méthode globale et écoresponsable qui touche de nombreux domaines.

Plus qu’un simple système agricole, un véritable lifestyle

La permaculture excède le cadre de l’agriculture, comme l’explique Annie Lagueyrie dans son livre Permaculture, Le Guide pour bien débuter : “portant un regard global sur tout l’environnement, la permaculture déborde largement du cadre de l’agriculture, incluant tous les aspects de la vie courante. Tout est relié : nutrition, santé, habitat, écologie, artisanat, économie, société, communication, transports…”. C’est donc bien plus qu’un simple jardin. Dans cette même optique, on peut convoquer la définition de Perrine et Charles Hervé-Gruyer, dans leur ouvrage Vivre avec la terre : “la permaculture n’est pas un ensemble de techniques agricoles. Son objet est plus vaste et concerne potentiellement toutes les réalisations humaines.”C’est ce que tente de mettre en avant Laura et Matthieu. Bien que leur pratique se concentre évidemment dans l’entretien de leur potager et de leurs nombreux animaux, ils étendent cette conception à toute une éthique et une manière de vivre : “le principe de la permaculture, c’est d’avoir le moins d’impact possible. On a mis beaucoup de choses en place comme un système de récupération d’eau de pluie, que l’on filtre avec un berkefeld ; on conçoit nos propres produits ménagers et d’entretiens, on consomme de façon locale en commandant des paniers fournis par des agriculteurs du coin et des produits locaux.” Qui dit moins d’impact dit plus de respect pour le milieu, mais surtout une attention particulière à l’environnement qui nous entoure : “tout est question d’observation et de patience.”  Ils insistent sur la nécessité d’observer et d’être à l’écoute de la nature environnante ; observation qui permet de comprendre le monde qui nous entoure et de consommer éthiquement, que ce soit dans l’économie ou l’habitat : “la permaculture, c’est beaucoup d’observation, avant de se lancer, il faudrait un an d’observation de son terrain pour en comprendre le fonctionnement naturel.” Cette contemplation active mène alors à un ralentissement de la consommation excessive, en se recentrant sur l’essentiel.

“Le point de départ, c’est la prise de conscience de notre impact environnemental”

Laura et son compagnon Matthieu l’ont bien compris, la démarche écoresponsable commence par une prise de conscience qui n’est possible qu’avec une remise en question. “Dans notre société, occidentale et capitaliste, on a l’impression que tout est disponible en abondance en permanence : on est dans une offre abondante, dans notre confort. On a l’habitude d’avoir accès à tout à petit prix. Toute notre société a un effet dévastateur sur la nature et sur les peuples qui ont moins d’argent et de moyens. On  pille les ressources de la terre dans un système capitaliste pour être dans notre confort.” explique Matthieu. Tendre à un mode de vie plus écoresponsable devrait devenir, selon le couple, un lifestyle commun à tous : “pour nous, être écoresponsable, ça représente tout. Si personne ne fait d’effort, on va droit dans le mur. On est tous responsable de ce qui se passe, et de notre future perte : il faut sortir de notre zone de confort pour mettre la main à la pâte, à notre échelle et selon nos moyens.“

La permaculture consiste à ajouter le moins de transformations humaines possibles, et à laisser la nature reprendre ses droits et ses propres fonctionnements : “avec la permaculture, on ne contrôle pas tout, il faut laisser faire la nature. Par exemple, en agriculture, la terre n’a pas besoin d’être retournée, ça représente un boulot colossal, pour au final détruire de la vie et des organismes vivants.” explique Laura. La permaculture permettrait donc, en un sens, de revenir à un concept plus simple et naturel. On observerait presque un retour vers une création de liens communautaires : “la permaculture c’est aussi avoir besoin des autres, être solidaire, sortir de l’individualisme du système.” assure Laura. 

Vers un retour aux sources

La permaculture, véritable philosophie de vie durable, est une éthique synonyme de partage et un concept bienveillant fondé sur le respect de la nature, de la solidarité et du partage. Dans un monde où l’individualisme prime, elle semble être une des solutions les plus responsables, et durables pour la reconstruction de liens entre la nature et les hommes.

GOEB Léa

ISFJ 5NEW A

Mardi 4 février 2025

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Title : La permaculture : une éthique écoresponsable.

Meta : La permaculture : ce nouveau lifestyle durable, éthique et écoresponsable pour une société plus respectueuse des enjeux environnementaux. 

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