Depuis une dizaine d’années, des salons de coiffure proposent à leurs clients
de donner leurs cheveux coupés à des associations pour la fabrication de
perruques. Capillum, une entreprise éco-responsable fondée en 2019, offre
une alternative. Cette société recycle les cheveux pour des projets
environnementaux et médicaux.

4 000 tonnes de déchets capillaires en France chaque année. Voire plus, avec 109 310
salons de coiffure présents sur le territoire français en 2023, selon le rapport de branche du Conseil national des entreprises de coiffure. Cette quantité importante d’ordures a interpellé James Taylor et Clément Baldellou, les fondateurs de Capillum. Alors qu’ils étaient étudiants en école de commerce à Clermont-Ferrand, ils ont décidé de faire des recherches à l’échelle nationale. « Ils se sont rendu compte qu’il y avait des tonnes de cheveux jetés, qui terminaient dans des incinérateurs et qui polluaient énormément en rejetant beaucoup de CO2. Ils souhaitaient transformer ces déchets en matière première »,explique Lucie Gauché, responsable de la relation client chez Capillum.

Contrairement aux cheveux destinés aux perruques, l’entreprise peut recycler tout type de chevelure. Qu’elle soit longue, courte, crépue, frisée, colorée et décolorée. « Nous avons mené des études en interne avec nos ingénieurs qui nous permettent de garantir l’innocuité totale du produit. Les composés chimiques présents dans les cheveux colorés n’ont aucun impact sur la faune et la flore avec nos produits en application », précise l’employée de Capillum.

Les cheveux ne se créent pas, ne se perdent pas, ils se transforment


Les déchets de cheveux récupérés par Capillum sont valorisés et utilisés dans différents secteurs. Pour le domaine agricole, les cheveux sont transformés en tapis de paillage, une solution brevetée innovante utilisable pour l’agriculture biologique. Le paillage se compose à la fois de cheveux et de laine de mouton provenant de textile destiné à être jeté. Il se veut 100% d’origine naturelle. Grâce à cette solution écologique, les productions bénéficient de divers avantages. « Dans un jardin, les fruits et légumes sont plus gros car le paillage favorise la croissance et ça protège contre le froid. Rien ne givre. Ça divise l’arrosage par deux car le paillage conserve l’humidité, donc la plainte est constamment humide. Elle peut se développer dans les meilleures conditions », ajoute la chargée de relation client de Capillum.

Dans le domaine de la dépollution, les cheveux absorbent les hydrocarbures pour
nettoyer les sites et les sols pollués. Composés à 50% de cheveux et 50% de fibres
naturellement renouvelables, les boudins retiennent 26 fois leur poids en hydrocarbure. Il s’agit des chutes de productions de paillage revalorisées.


Dans le domaine médical, les recherches sont toujours en cours. Le but est d’extraire la
kératine présente à 95% dans le cheveu pour produire des soins de la peau.

D’autres projets se développent mais restent secrets pour le moment. « On ne communique pas dessus car c’est en expérimentation sur différentes choses. On a d’autres idées car le cheveu est une matière qui peut être utilisée pour plein de choses. On explore tous les secteurs de valorisation possibles », confie Lucie Gauché.

S’engager dans un projet vertueux


Labellisée Greentech Innovation, cette jeune entreprise travaille en partenariat avec plus de 5 000 coiffeurs engagés. Au total, 250 tonnes de cheveux sont collectées par an.
Acteurs en première ligne, les salons de coiffure parlent de leur démarche auprès de leur clientèle. À l’image de Jean François, coiffeur chez Tony&Guy situé dans le 16e
arrondissement de Paris. « Nous avons reçu un bac de collecte où nous jetons tous nos
déchets. Les nouveaux visiteurs sont surpris au début, et lorsqu’on leur donne plus de
détails, ils adhèrent facilement au concept », témoigne le professionnel de la coiffure. Cela permet également de fidéliser une nouvelle clientèle, à la recherche d’actions plus vertes pour l’environnement.

Participer à ce projet n’est pas gratuit pour autant. Les salons de coiffure choisissent leur abonnement. Ils peuvent bénéficier d’une collecte illimitée dans leur boutique pour la somme de 149 euros par an hors taxes. Cette offre est plutôt destinée aux gros salons. Pour les plus petits, ils peuvent déposer eux-mêmes leurs déchets dans des points Mondial Relay, partenaire de Capillum. Avec des milliers de points d’apport, cette initiative demeure accessible à tous.

Tous les professionnels de la coiffure ne comprennent pas le concept. « On leur explique qu’on prend en charge 60% de leurs poubelles à l’année. Ça a un coût. Le cheveu, à partir du moment où il est transformé en matière première, n’est plus gratuit. Même en tant que déchet car il est pris en compte dans la taxe des ordures. Pour certains, ça peut être cher, surtout pour les indépendants », remarque Lucie Gauché. La transition écologique se fait seulement depuis quelques années chez les coiffeurs. Ils proposent de plus en plus de produits éco-responsables. Les plus jeunes, les coiffeurs en formation, sont les cibles de Capillum. Une centaine d’écoles relayent l’information pour sensibiliser et faire adopter
ce concept.

Marie BENUREAU
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Title : Recycler les cheveux : une révolution écologique avec Capillum
Meta : Chaque année, 4 000 tonnes de cheveux sont jetées en France. Capillum les recycle
pour l’agriculture, la dépollution et la cosmétique. Découvre comment cette ressource
insoupçonnée peut servir l’environnement !
Mots-clés : recyclage cheveux, écologie, Capillum, développement durable, salons de
coiffure

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