Un mode de vie zéro déchet semble être une alternative viable pour améliorer l’empreinte environnementale en France. Est-il réellement possible d’adopter ce style sans compromettre son confort quotidien ? Certaines solutions sont déjà mises en place pour montrer la voie.

Le concept de zéro déchet consiste à limiter au maximum la quantité de déchets ainsi que le gaspillage. Ce mode de vie repose sur quatre principes fondamentaux, les 5R (Refuser, Réduire, Réutiliser, Rendre à la terre et Recycler). Dans cette optique, de nombreux foyers doivent s’engager dans une démarche minimaliste en repensant totalement son mode de consommation. L’objectif est donc de privilégier des alternatives durables, éco-responsables et réutilisables.

Pourtant, d’après les statistiques de la Cour des comptes, les déchets ménagers et assimilés (DMA), produits principalement par les foyers, représentent 12% du volume de l’ensemble des déchets produits en France. Cela représente environ 582 kg par habitant et par an. Parmi ces 582 kg, environ 249 kg sont issus des ordures ménagères résiduelles. Ces chiffres démontrent donc l’ampleur de la difficulté à adopter un mode de vie sans déchets. Pour essayer de changer le mode de consommation des foyers, les Français doivent modifier leur quotidien.

Des habitudes du quotidien repensées

Afin d’effectuer un mode de vie zéro déchet, les ménages français doivent changer presque toutes leurs habitudes journalières. Tout d’abord, cela passe par une modification des produits d’hygiène. L’objectif est de privilégier des solutions naturelles comme les gels douches et shampoings solides issus d’ingrédients sains et idéalement bio. L’option de produits “faits-maison“ comme le dentifrice, le liquide vaisselle ou encore la lessive représentent également une solution fiable. L’idée est donc de remplacer tous les produits industriels sur-emballés par des alternatives plus naturelles.

L’alimentation joue aussi un rôle important dans cette démarche de zéro déchet. En consommant des aliments en vrac et locaux, le taux de détritus diminuerait drastiquement. Il est donc conseillé d’éviter les produits avec énormément de plastique. Le compostage est aussi un élément indispensable pour ce mode de vie. Il permet de valoriser les déchets organiques, réduisant ainsi le volume d’ordures dans les foyers. Le choix lors des courses est également un point à ne pas négliger. Une sur-consommation excessive provoque généralement du gaspillage en grande quantité. Cela engendre donc davantage de déchets dans les poubelles.

L’appartement 100 % low-tech : un modèle inspirant

Même si ce mode de vie zéro déchet semble inatteignable, certains projets voient le jour pour prouver le contraire. A Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine (92), un appartement 100% low-tech a vu le jour. Ce logement “test“ a été conçu pour réduire drastiquement l’impact écologique de ses occupants. Caroline Pultz et Corentin de Chatelperron, un couple d’ingénieurs, ont élu domicile pendant quatre mois pour vivre cette expérience inédite. Leur objectif est de prouver qu’il est possible de vivre dans une métropole urbaine avec des technologies simples, sans coûts et responsables de l’environnement.

Contrairement aux logements classiques inondés de technologies énergivores, cet appartement mise sur des solutions simples et accessibles. Le lieu se compose de matériaux écologiques et de récupération. Cette biosphère urbaine intègre 4 m2 de panneaux solaires installés sur le toit. Ces derniers servent à alimenter l’appartement en énergie renouvelable. Ils peuvent aussi permettre de charger les appareils électroniques comme les téléphones, car le logement est totalement coupé du réseau électrique classique.

Le logement low-tech privilégie également un mode de culture hors-sol, la bioponie. Cette technique consiste à utiliser des engrais organiques solubles pour améliorer la croissance de plantes. Elle a été mise en place afin de cultiver des aromates dans 300 litres d’eau. Un biodigesteur à partir de déchets organiques a été installé pour produire du gaz. Enfin, le couple a choisi l’option de toilettes sèches “vivantes”. Celles-ci sont inondées de larves qui vont s’occuper d’éliminer les matières fécales sans utiliser d’eau.

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Les bénéfices d’un mode de vie zéro déchets pour l’environnement

L’exemple de cet appartement montre que la transition vers un mode de vie zéro déchet est non seulement possible, mais aussi bénéfique à plusieurs niveaux. D’un point de vue écologique, la réduction des déchets diminue l’impact sur les écosystèmes, limite la pollution plastique et préserve les ressources naturelles. Sur le plan économique, adopter un mode de vie sobre permet de faire des économies intéressantes. Il limite les dépenses superflues liées aux produits sur-emballés.

Enfin, cette démarche favorise un retour à l’essentiel, en valorisant des objets durables et en renforçant le lien avec les artisans locaux. Elle encourage également une meilleure autonomie et une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux. Le mode de vie zéro déchet n’est donc pas une contrainte, mais une opportunité de consommer autrement. Cela, en privilégiant la qualité à la quantité. Face aux défis climatiques, cette approche pourrait bien devenir la norme plutôt que l’exception afin de construire un avenir plus durable et respectueux de notre environnement.

Tom Comminge

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