
La première robe restaurée par Charlie, celle de sa grand-mère, à l’origine de son projet | Crédit photo : Mathilde Justin
Redonner une seconde vie aux robes de mariée anciennes, c’est le projet passionné de Charlie, qui chine, restaure et transforme ces pièces chargées d’histoire. Ce qui a commencé comme un héritage familial s’est peu à peu mué en un véritable projet artistique, oscillant entre couture, patrimoine et expression personnelle. Rencontre avec une créatrice à l’âme nostalgique et aux mains expertes.
Un projet né d’un héritage familial
Pour Charlie, la couture n’est pas qu’un savoir-faire, c’est avant tout une histoire de transmission. “C’est ma grand-mère, que j’appelle la Nona, qui m’a appris à coudre”, confie t-elle. “J’ai toujours aimé les robes de mariée, en particulier celles des années 50. Tout a vraiment commencé avec la robe de ma grand-mère, une pièce précieuse que j’ai récupérée et restaurée. C’est ce qui m’a donné envie d’en faire un projet plus large.”
Cette première robe a marqué le début d’une quête : celle de collecter, réparer et sublimer des robes de mariée oubliées, leur offrant une seconde existence. À travers ce travail, Charlie ne se contente pas de restaurer des vêtements : elle remet en lumière des histoires, des instants figés dans le temps, des symboles de bonheur passés.
Des trésors du passé soigneusement sélectionnés
Charlie chine ses robes principalement sur Vinted, où elle traque les modèles anciens qui l’inspirent. “J’aime particulièrement les robes de la marque Pro Nuptia, qui étaient très populaires dans les années 70 et 80. Elles ont une coupe et des détails incroyables. Je veille à ce qu’elles soient en bon état, mais s’il y a des défauts, je sais les réparer.”
Chaque robe a son histoire, son vécu. Certaines nécessitent de simples retouches, d’autres une restauration complète. “Ce qui me fascine, c’est qu’à travers ces robes, je touche à des souvenirs intimes de femmes que je ne connais pas. Ce sont des robes qui ont traversé des époques, des mariages, des célébrations. Elles méritent une nouvelle vie.”
Un travail minutieux pour faire revivre le passé
Chaque robe que Charlie adopte passe par un long processus de transformation. “Une fois que je la récupère, je commence par un nettoyage minutieux. Ensuite, j’analyse les réparations nécessaires avant d’entamer les modifications.”
Parfois, le travail est titanesque. “Une des robes qui m’a le plus marquée était une Pro Nuptia des années 80. J’ai dû tout réinventer : refaire entièrement le corset, ajouter trois mètres de traîne et perler chaque détail à la main. C’était un projet colossal, mais le résultat en valait la peine.”
Ce travail, parfois long et méticuleux, est pour elle une forme de méditation. “J’adore passer du temps sur une pièce, voir comment elle évolue sous mes doigts, imaginer à quoi elle pourrait ressembler une fois terminée. Parfois, j’ai une idée claire dès le début, d’autres fois, c’est la robe elle-même qui me guide.”
Une passion nourrie par l’histoire de la mode
Charlie puise son inspiration dans les grands noms de la mode et les époques révolues. “J’admire Yves Saint Laurent, Christian Dior, et j’aime aussi Aston qui travaille beaucoup les robes de mariée. Mais au-delà des créateurs, je suis fascinée par la mode des années 50, l’esthétique des vieux films avec Audrey Hepburn, la musique des années 60-70 et même le glam rock.”
Ce mélange d’influences se retrouve dans ses transformations. Certaines robes conservent un style classique et intemporel, tandis que d’autres se voient réinventées avec des touches plus audacieuses. “J’ai une fascination pour la période baroque, qui se retrouve dans beaucoup des robes que je récupère. J’aime aussi le côté théâtral de certaines créations. Une robe de mariée, c’est une pièce unique, presque un costume, et j’aime jouer avec cette dimension-là.”
Entre restauration et création sur mesure
Ce projet, au départ personnel, commence à prendre de l’ampleur. “J’ai déjà réalisé des robes de mariée sur mesure et restauré des robes pour des clientes.”
Quant à l’avenir, les possibilités sont nombreuses. “Je suis ouverte aux commandes et aux demandes particulières. J’aimerais aussi prêter mes robes pour des shootings, organiser une exposition ou un book de style. Pour l’instant, rien n’est encore défini, mais une chose est sûre : je vais en faire quelque chose.”
Elle imagine aussi des collaborations avec des photographes, des créateurs, ou encore des stylistes. “J’aimerais que ces robes continuent de vivre, qu’elles soient vues, portées, sublimées dans différents contextes. Je ne veux pas qu’elles restent enfermées dans un placard.”
Une démarche émotionnelle autant qu’artistique
Ce qui motive Charlie, ce n’est pas seulement l’amour des belles robes, mais aussi la charge émotionnelle qu’elles portent. “Chaque robe a appartenu à une femme qui a été heureuse à un moment donné. En les restaurant, je fais revivre ces instants figés dans le temps. C’est ce qui me passionne le plus.”
Parmi toutes celles qu’elle a restaurées, elle a une favorite. “Une robe des années 80 sur laquelle j’ai refait les fleurs et le corset. Elle représente tout ce que j’aime dans ce projet : le travail artisanal, le lien avec le passé et la satisfaction de voir une robe reprendre vie.”
Son attachement à ces pièces va bien au-delà du simple vêtement. “C’est un peu comme si je collectais des fragments de souvenirs. Chaque robe porte une histoire, et moi, je la prolonge.”
Un futur en constante évolution
Si aujourd’hui, Charlie chine et restaure ses robes par passion, son projet évolue jour après jour. Elle envisage des expositions, des shootings, peut-être même une collection personnelle. “Ce qui est sûr, c’est que je veux continuer. J’aime trop ça pour m’arrêter.”
À travers son travail, elle ne fait pas que récupérer des robes ; elle réécrit leur histoire. Entre nostalgie, mode et artisanat, elle insuffle une nouvelle âme à ces pièces chargées d’émotions.
Mathilde JUSTIN


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