Le jardin nourricier en libre service du parc Charruyer, à La Rochelle, situé au coeur des parcs © Hector Geffard

Sur la côte atlantique, La Rochelle se distingue comme un modèle d’écologie urbaine. À la pointe de l’innovation, la ville fait rimer nature et solidarité grâce à ses jardins partagés et nourriciers, véritables poumons verts de la cité. Ces espaces ne se contentent pas de verdir le paysage ; ils transforment la ville en un écosystème collaboratif, alliant bien-être des habitants et respect de l’environnement.

Les jardins partagés de La Rochelle sont bien plus que de simples lieux de culture. Ces potagers urbains, cultivés collectivement par les habitants, sont des espaces où les liens sociaux se tissent et où les savoir-faire agricoles se transmettent. Ces initiatives participatives font rayonner des valeurs de solidarité et de durabilité dans la ville. Aujourd’hui, on dénombre 22 jardins, qui mêlent potagers, vergers et espaces verts dédiés à la culture de légumes, fruits et fleurs.

Le Jardin Tavera, situé dans le quartier de Tasdon, est un exemple emblématique. Inauguré en 2022, il repose sur une gestion locale, animée par la régie de quartiers Diagonales. Ce modèle collaboratif permet aux résidents de tous horizons de partager leurs savoirs, d’apprendre ensemble et de participer activement à la gestion de cet espace vert.

Dans le quartier de Mireuil, un autre projet a vu le jour : un jardin en pied d’immeuble comprenant 16 parcelles individuelles et une parcelle collective. Ce projet incarne la culture partagée mais aussi l’esprit d’entraide, des valeurs essentielles pour renforcer le tissu social de ce quartier.

Une récolte au service de la solidarité

Depuis mai 2022, La Rochelle a franchi une nouvelle étape avec l’introduction de jardins nourriciers en libre-service. Ces potagers urbains, installés dans l’espace public et entretenus par des jardiniers municipaux, permettent aux Rochelais de cueillir gratuitement des légumes de saison. Lors de la première récolte, plus de 170 kilos de légumes ont été distribués à des associations locales comme les Restos du Cœur et la Banque Alimentaire. En parallèle, des légumes frais ont été partagés directement avec les habitants.

Parmi les récoltes figurent des tomates, des courges, des blettes et des choux-fleurs, qui se sont intégrés harmonieusement dans le paysage rochelais. Ces jardins nourriciers, comme celui du parc Charruyer au cœur des emblématiques parcs de la ville, offrent bien plus qu’une simple récolte : ils permettent à chacun de renouer avec la nature tout en contribuant à des enjeux plus larges d’autosuffisance alimentaire.

La mission des jardiniers municipaux : sensibiliser et former

Les jardiniers municipaux jouent un rôle clé dans la réussite des jardins nourriciers. Leur mission dépasse l’entretien des espaces : ils sont aussi chargés de sensibiliser les habitants à l’agriculture urbaine. Leur expertise permet de former les citoyens aux bonnes pratiques agricoles et à la préservation des sols, contribuant ainsi à la transition écologique de la ville.

En outre, cette proximité avec les jardiniers favorise le sentiment d’appartenance à un projet collectif. En participant à l’entretien des jardins, les Rochelais prennent conscience des enjeux environnementaux et alimentaires actuels, s’impliquant pleinement dans la transformation de leur ville.

Témoignages d’habitants

Camille, 20 ans, étudiante, raconte :
« En tant qu’étudiante avec un budget limité, c’est vraiment cool de pouvoir profiter de ces jardins. L’hiver il n’y a pas grand chose que j’aime, mais l’été j’arrive à trouver des légumes de saison comme des tomates ou des courgettes. Gratuit comme ca, ca fait toujours plaisir »

Anne et Benjamin, résidents de La Rochelle, ajoutent :
« Nous avons découvert les jardins nourriciers lors d’une promenade, et avons été séduits par le concept. Aujourd’hui, nous sommes sur liste d’attente pour pouvoir rejoindre un jardin, et avoir notre parcelle pour planter nos propres légumes, avec les autres habitants du quartier »

La Rochelle : une ville engagée pour l’écologie

Les jardins partagés et nourriciers s’inscrivent dans une démarche plus large de transition écologique portée par la ville. Depuis plus d’un siècle, La Rochelle soutient les jardins familiaux, des parcelles dédiées à la culture personnelle des habitants. Ces espaces en pleine expansion témoignent de l’aspiration des citoyens à davantage d’autosuffisance et de durabilité.

Le projet de l’écoquartier Bongraine, entre La Rochelle et Aytré, incarne également cette volonté municipale de repenser l’aménagement urbain. Ce projet participatif de 35 hectares prévoit la construction de 800 logements intégrant des espaces verts, des panneaux photovoltaïques et des zones de biodiversité. Les travaux, qui débuteront en janvier 2025, prévoient une première livraison de logements en 2027.

À travers ces initiatives, La Rochelle se positionne comme un modèle de développement urbain durable. En réinventant son urbanisme et en encourageant l’agriculture urbaine, la ville invite d’autres collectivités à suivre cette voie vers une transition écologique durable, centrée sur la rencontre entre l’homme et la nature.

Un modèle de transition écologique

En cultivant des jardins partagés et nourriciers, La Rochelle montre comment l’écologie urbaine peut se traduire dans le quotidien des habitants. Plus qu’une tendance, ces projets incarnent une véritable volonté de transformer la ville en un espace plus vert, solidaire et résilient. L’exemple rochelais est désormais une source d’inspiration pour d’autres communes souhaitant promouvoir un mode de vie durable et respectueux de l’environnement.

Hector Geffard

Une réponse à « La Rochelle : quand les jardins nourrissent la ville et ses habitants »

  1. Avatar de Urbanisme durable : repenser nos villes – ISFJ NEWS

    […] les exemples les plus flagrants d’urbanisme durable sont les espaces végétalisés. Arbres et jardins partagés servent notamment à lutter contre les îlots de chaleur urbaine. Ces derniers sont dus à […]

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